Raynald, anno 1342, n
et qui cherchaient, comme jadis Mathieu Visconli, à s'affranchir tout à la fois de l'Empire et de l'Eglise. Par une rencontre fâcheuse pour ses projets, le pape perdait, dans ce même moment, un précieux allié. Le roi de Naples, Robert, était venu à mourir ', laissant pour héritière de ses États sa petite-fille Jeanne, encore adolescente et mariée à un prince aussi jeune qu'elle, André, frère de Louis, roi de Hongrie ^. Sous ce faible gouvernement, des troubles, prélude de plus graves désordres, ne tardèrent pas à se produire, et dès lors commença de décliner un royaume qui, depuis la translation du saint-siège en France, avait été son plus solide appui au delà des Alpes.
Le pape ne fut guère plus heureux en voulant intervenir dans la funeste querelle qui divisait la France et l'Angle terre. A peine élevé sur le saint-siège, il avait nommé dix cardinaux, dont neuf étaient Français ^ C'était indiquer de quel côté penchaient ses préférences. Plus dévoué encore que Benoît aux intérêts de Philippe de Valois, auprès duquel il avait rempli l'office de chancelier, on disait qu'il ne faisait qu'un avec le roi de France *. Quelques mois après son avènement, il avait envoyé un légat en Flandre, avec ordre de mettre les villes en interdit et d'en excommunier les habitants, s'ils ne revenaient à l'obéissance de leur suzerain ^Ni la présence du légat, ni les censures dont il était porteur ne purent ramener les Flamands. En même temps qu'il faisait en Flandre celte inutile tentative, Clément dépêchait vers les rois de France et d'Angleterre deux cardinaux, auxquels il donnait pleins pouvoirs pour imposer un armistice et frapper des peines ecclésiastiques quiconque refuserait de s'y sou-