Baluze, Vitœ, 1. 1, p
4. « Prsedecessores nostri nesciverunt esse papa. » Baluze, ibid. p. 311. La Sicile étant placée sous l'interdit depuis la sentence prononcée en 1339 par les nonces de Benoît contre Pierre d'Aragon, Clément en prit occasion pour notifier par une bulle (3 mai 1543, Raynald. eod. anno, n»82, 83) qu'il réservait à sa nomination durant deux ans, à partir du !«' juin 1343, tous les principaux bénéfices, — évêchés, églises collégiales, abbayes, prieurés, — déjà vacants ou qui vaqueraient dans cette île.
ces procureurs se virent arrêtés sur l'ordre d'Edouard III et chassés du royaume. Invité par une lettre du pape à faire réparation de cette offense ', lo roi, au lieu de lui donner satisfaction, répondit par des plaintes. Il se plaignit que, par l'effet de ces provisions et d'autres de môme sorte, les bénéfices de ses Etats fussent conférés à des ecclésiastiques qui, n'étant pas originaires du royaume, se dispensaient de la résidence et cherchaient uniquement, « comme des mercenaires, » le profit temporel des grâces dont ils étaient l'objet. « Les richesses de nos Etats, ajoutait-il, passent ainsi à des étrangers, pour ne pas dire à nos ennemis; delà, pour notre couronne, un préjudice auquel noire parlement nous a prié récemment et tout d'une voix de porter remède. » II terminait en demandant instamment au pontife, non seulement de s'abstenir désormais de ces collations abusives, mais de surseoir aux réserves des prélatures et de laisser aux chapitres, selon les anciennes coutumes, la liberté des élections -. Ces réclamations ne furent pas écoutées, et, l'année suivante, comme le roi les réitérait à propos de la nomination à l'évèché de Norwick dont Clément s'était réservé la disposition : « Vous semblez faire entendre, lui écrivit le pape, qu'il est permis à votre parlement d'ordonner quelque chose touchant les réserves et les provisions des églises, et de restreindre ainsi la puissance du saint-siège. Vos conseillers n'ignorent pas les peines canoniques auxquelles s'exposent ceux qui violent la liberté ecclésiastique. Xous avons appris qu'on a adressé sur divers points de votre royaume des édits et des lettres qui contreviennent à cette liberté et à notre autorité apostolique ^ Nous vous exhortons à révoquer ces mesures. Considérez que le Seigneur lui-même a donné à l'Église romaine la primauté sur toutes les églises du monde; que c'est
i. Lettre du pape à. Edouard III, 28 août 1343.
2. 26 septembre 1343. Th. Walsingham, anno 1343. Le chroniqueur, en reproduisant cette lettre, la qualifie de « famosam epistolam pro libertate ecclesiaj anglicanse. »
3. Voy. Rymer, Fœdera (6 et 30 juillet 1343), t. II, pars 2. p. 1222, 1230.
DÉCADENCE DE LA PAPAUTÉ 4tJ9
d'elle que les églises patriarcales, métropolitaines et épiscopales, avec les dignités qui y sont attachées, ont reçu leur institution, et que dès lors il appartient au pape de disposer des prélatures et des bénéfices de toute la clirétienté K »
Pour parler plus haut que son prédécesseur, Clément ne réussit pas à rendre à la chaire apostolique l'ascendant qu'elle avait perdu. Malgré les engagements pris envers Benoit, les seigneurs de la Haute Italie n'avaient pas laissé de continuer leurs guerres. Se prévalant tout ensemble de ses prérogatives de chef de l'Église et de son prétendu droit d'administrer l'Empire « vacant, » Clément, dès les premiers temps de son pontificat, avait envoyé deux cardinaux, l'un en Lombardie et l'autre en Toscane, pour tenter de nouveau d'arrêter ces luttes perpétuelles ^ Ils ne purent que constater leur impuissance à s'acquitter de l'œuvre d'apaisement qui leur était confiée ^ Là, il est vrai, n'était pas l'objet le plus important de leur mission, A l'exemple de Jean XXII, Clément avait formé le dessein de rétablir dans la péninsule l'inOueuce politique du saint-siège en abaissant les Gibelins, et il craignait alors que Louis de Bavière, devenu maître du Tyrol par le mariage de son fils avec la duchesse de Carinthie, ne voulût renouveler, de ce côté, une descente en Italie ^. Conformément aux instructions du pape, les légats, sous apparence de préparer la paix, parvinrent à réunir les seigneurs de la Lombardie et de la Toscane, tant guelfes que gibelins, dans une ligue contre l'empereur, et mirent ainsi obstacle à une entreprise que redoutait Clément. Mais cette ligue profita moins aux intérêts de la cour pontificale qu'à l'indépendance des petits tyrans qui dominaient sur ces provinces
1. « Ad romanum pontificem omnium ecclesiarum, dignifatum, personatuum, officiorum et beneficiorum ecclesiasticorum plenariadispositio noscitur pertinere. » 11 juillet 1344. Piaynald. eod. anno, n» SS-58.