Juin et octobre 1342, Raynald. eod. aano, u
mettre K Ces menaces, qui en apparence visaient les deux souverains, étaient en réalité dirigées contre Edouard. Cédant moins aux injonctions du saint-siège qu'aux conseils de la prudence, le roi d'Angleterre, que pressait alors en Bretagne une armée française, consentit à une trêve de trois ans, qui fut conclue àMaleslroit le 19 janvier 1343 2. Il accepta, il est vrai, que, durant cet intervalle, des négociations fussent ouvertes à la cour pontificale en vue d'un accord définitif, et, au mois de septembre, l'un et l'autre roi envoyèrent à cet effet des ambassadeurs à xVvignon. Encore Edouard exigea-t-il que le pape intervînt dans ces négociations, non comme arbitre « et pour donner sentence », mais « comme personne privée et à titre d'ami commun des deux souverains l » Clément se vit contraint, comme autrefois Boniface VIII, de souscrire à une condition offensante pour le saint-siège. Malgré ses efforts, il ne put amener Edouard à la paix, et il dut se contenter de cette trêve, dont il ne réussit pas môme à maintenir la complète exécution ■*.
A la faveur do cette trêve. Clément crut du moins pouvoir réaliser une des pensées les plus chères de Benoît. Soit qu'il voulût ne pas paraître abandonner les desseins de son pieux prédécesseur, soit plutôt qu'il espérât apporter quelque obstacle au retour des hostilités de ia part de l'Angleterre, il reprit le projet d'une croisade contre les Infidèles. Au mois de septembre 1343, il enjoignit à tous les évoques de la catholicité de prêcher la guerre sainte et prescrivit à ce sujet la levée d'une décime pendant trois ans sur les biens des é'^lises^ Mais la situation de la catholicité n'était pas alors plus favorable à une croisade qu'elle ne l'était sous le prece-