Piaynald. i/nd. n°Q-\'2 (juin
2. Baluze, VUée, t. I, p. 283, 284. — Froissart, éd. Luce, t. III, p. 33-35.^
3. « Non ut judice sed ut privata persona et amico communi, non in forma nec in figura judicii. » Tli. Walsingham, anno 1343.
4. Baluze, loc. cit. Cf. Raynald. anno 1343, n» 26; 1344, n» 61.
r,. Raynald. anno 1343, n» 2-4, H. Le pape excepta de cette décime la Franco et l'Anglotorre; il en excepta aussi l'Espagne en considération de la guerre contre les Maui'es.
dent pontilicat. Seuls les Vénitiens, qui craignaient pour leurs intérêts commerciaux en Orient, semblèrent disposés à seconder les vœux du pontife. De concert avec les Hospitaliers de Saint-Jean, établis dans l'ile de Rhodes ', et le roi de Chypre, ils organisèrent une expédition, dont l'unique résultat fut la prise de Smyrne^. Encore cette ville ne devait-elle rester que peu de temps aux mains des Chrétiens. Une correspondance échangée, au début de cette expédition, entre le pape et le jeune fils d'Andronic, Jean Paléologue, qui régnait à Constantinople, montra une fois de plus par quelles vues inconsidérées se guidait la cour pontificale dans ses rapports avec les Grecs. Ce prince ou plutôt ses conseillers ayant, à l'exemple d'Andronic, manifesté l'intention de s'unir à l'Eglise romaine dans l'espoir d'obtenir des secours contre les Turcs, Clément répondit par une lettre où, passant sous silence les questions de dogme, il disait : « Nous sommes sensiblement affligé des maux que vous font les Infidèles; mais commencez par rejeter le schisme; reconnaissez avec nous qu'il n'y a qu'un seul troupeau et un seul pasteur, qu'il n'y a qu'une seule Église catholique et apostolique fondée par Jésus-Christ et confiée par lui à l'apôtre Pierre, auquel nous avons succédé, et alors soyez sûrs que nous vous défendrons non seulement contre les Turcs, mais contre les Tartares et tous vos autres ennemis. » Des lettres analogues, dans lesquelles Clément insistait également sur la primauté du saint-siège, furent adressées aux prélats et aux grands de Constantinople ^. A supposer qu'il eût pu en effet défendre les Grecs, il commettait la faute, comme Benoît, de ne vouloir les secourir qu'après leur abjuration; mais, tandis que Benoît avait surtout en vue l'unité de foi, Clément cherchait à imposer le pouvoir plutôt que la doctrine.
1. Voir une lettre du pape (août 1343) aux Hospitaliers de Saint-Jean, montrant combien cet ordre lui-même, aiTecté spécialement à la protection de la Terre sainte, était alors dégénéré. Raynald. anno 1343, n» 5.
2. Raynald. anno 1344, n" 6. Smyrne fut prise par les chrétiens le 28 octobre 1344.