G. Villani, 1. XII, c
4. (jhristophe, Hist. de la papauté au À'/K^ siècle, t. II, p. 131, 138.
grie ses Etats d'Italie. Le saint-siège, déjà en possession du Gomtat Venaissin, devint ainsi maître de la cité d'Avignon qui s'y trouvait enclavée. Cette aliénation fut toutefois mal vue des Provençaux, qui, dans leur mécontentement, allèrent jusqu'à la qualiOer de « vente maudite. » Les habitants d'Avignon refusèrent môme do prêter hommage à Clément, et ce ne fut qu'après sa mort qu'ils consentirent à reconnaître pour leur seigneur le chef de l'Eglise K
Cependant, tout occupé qu'il était des événements de France et d'Italie, Clément n'avait pas laissé de poursuivre ses desseins en Allemagne. Il avait eu lieu d'abord de craindre pour leur succès. Gliarles de Luxembourg, alors roi de Bohème par la mort récente de son père, après avoir rassemblé une armée dans ses États héréditaires, s'était avancé par la Carinthie jusque dans le ïyrol, où il avait porté le fer et la flamme. Il en avait été repoussé par les forces de Louis de Bavière ^. « L'empereur des prêtres » n'ayant guère, avec l'appui du pape, que celui du duc de Saxe-Wittenberg, tout faisait présager de nouveaux échecs à ses armes, peut-être même la ruine de sa cause, lorsque Louis mourut inopinément ^ dans le moment où, pour mieux abattre son adversaire, il allait se jeter sur la Bohème. Cette mort aida à la fortune de Charles, sans néanmoins l'affermir. Il lui fallut continuer la guerre en Allemagne pour contraindre les populations à le reconnaître. Clément, qui n'avait provoqué l'élection de ce prince que dans l'intérêt du saint-siège, souleva lui-même de nouvelles difficultés par la formule d'abjuration qu'il prétendit exiger de tous ceux qui avaient soutenu Louis de Bavière. Aux termes de cette formule, — qui fut envoyée, au mois de février 1348, à l'archevêque de Trêves et plus tard à divers autres prélats, — quiconque voulait être absous devait tenir Louis de Bavière pour hérétique, s'en re-
1. Christophe, Hist. de la papauté au XIV^ siècle, t. II, p. 141, 142.
2. Henr. de Diessenh. anno 1347, apiid Bœlimer, Fontes rer. germ. t. IV. — Murât. Annal, d'ital. auQO 1347.