Ibid. I
5. Christophe, Hisi. de la papauté au XIV« siècle, t. II, p. 125-127.
les informations qu'on pourrait recueillir à cC sujets Le frère du prince assassiné, Louis, roi de Hongrie, à qui ce bruit était aussi parvenu, après avoir inutilement demandé vengeance au pape contre la reine ^, résolut de faire lui-même justice. Au mois de novembre 1347, il partit de Bude suivi d'une armée, et, entrant en Italie, se porta sur Naples. A Foligno, le cardinal Bertrand essaya de l'arrêter, en lui défendant, sous peine d'excommunication, d'envahir un royaume qui était un fief de l'Eglise. Le prince répondit qu'héritier des droits de son frère, le royaume lui appartenait, et que d'ailleurs il restait des coupables à punir. «■ Quant à l'excommunication, elle m'importe peu, ajouta-til; Dieu est plus grand que le pape, et il sait que ma cause est juste ^ » Presque toutes les villes ouvrirent leurs portes au roi, et, dans les derniers jours de janvier, il prenait possession de Naples, malgré les protestations du saint-siège.
Obligée de fuir, Jeanne avait fait voile vers la Provence, puis gagné Avignon. Elle plaida elle-même sa cause en consistoire devant le pape, qui, après l'avoir entendue, la déclara innocente du crime dont on l'accusait *. Le spectacle d'une jeune reine en larmes s'humiliant en sa présence, le désir de ménager une dynastie qui avait toujours été la fidèle alliée du saint-siège, dictèrent sans doute à Clément une sentence que n'a point ratifiée la postérité. Encore fallait-il, comme sanction à cette sentence, que Jeanne fût réintégrée clans ses droits. Un traité conclu par elle avec le pontife lui fournit les moyens de recouvrer son trône. La ville d'Avignon appartenait aux souverains de Naples comme comtes de Provence. Par un acte du 19 juin 1348, Jeanne la céda au pape moyennant une somme de quatre-vingt mille florins d'or, avec laquelle elle put lever des troupes; et, au mois d'août, elle s'embarquait à Marseille pour aller disputer au roi de Hon-