‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 377 sur 416 · Baluze, Vits, t. I, p · texte numérisé non relu

Baluze, Vits, t. I, p

Grimoard, abbé de Saint-Victor do Marseille '. Go religieux se trouvait en ce moment en Italie, où il avait été envoyé par Innocent vers la reine Jeanne de Naples, qui venait de perdre son second mari, Louis de Tarente. A la nouvelle de son élection, il se hâta de regagner la France et, le 30 octobre 1362, entrait à Avignon^ Sacré évêque et couronné pape quelques jours après ^ il adopta le nom d'Urbain V. Par la régularité de ses mœurs, sa piété, par l'intégrité et la fermeté do son caractère, il s'était acquis non seulement en France, mais en Italie oiî il avait rempli plusieurs légations, un renom mérité. Il fut, après Benoît XII, le meilleur des papes d'Avignon, et l'on peut dire de son pontificat, comme de celui de Benoît, qu'il n'eût pas été sans bienfait, si le saint-siège eût été encore en état d'exercer une réelle influence. « No croyez pas, lui écrivait Pétrarque quatre ans plus lard, ne croyez pas qu'aucun des cardinaux ait jamais eu l'intention ou même l'idée de vous choisir. C'est Dieu qui vous a élu en mettant votre nom dans leur bouche. Il a eu pitié de son Eglise; il a voulu finir l'exil qu'elle a trop longtemps souiïert par la faute des hommes et la reconduire à son antique et véritable demeure*. »

Ramener la papauté à Rome était en effet un dessein arrêté du nouveau pontife. Avant d'être élu et quand le bruit de la mort d'Innocent commençait à se répandre, il avait dit publiquement à Florence que, s'il apprenait que le successeur d'Innocent fût déterminé à quitter Avignon pour venir séjourner en Italie, il mourrait satisfait le lendemain ^ Six mois après son avènement, les Romains ayant envoyé lui demander, comme ils l'avaient fait vainement à ses prédécesseurs, de transférer le saint-siège en leur ville, il répondit que c'était

1. Christophe, flîs/. de la papauté au XIV' siècle, t. II, p. 333-335.

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