‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 381 sur 416 · Raynald. Ibid. n · texte numérisé non relu

Raynald. Ibid. n

6. Froissart, éd. Luce, t. VI, p. 84 et ss. — Raynald. anno 1363, n»24; 1366, n» 15 (in fine). Froissart a placé à tort le voyage du roi de Gliypre en Allemagne avant celui qu'il fit en France et en Angleterre. On sait que ce prince, retourné en 1365 dans l'île de Chypre, en partit ensuite, n'ayant

lui-même n'avait pas tardé à faiblir dans sa résolution. Sa mort, arrivée sur ces entrefaites*, vint encore mettre obstacle à l'expédition, et le papr3 dut bientôt renoncer à une entreprise qu'il s'était cru au moment d'accomplir.

Urbain s'attacba avec non moins de z(Me et tout aussi vainement à des soiuB qui intéressaient plus directement l'Eglise. Affligé des désordres qui régnaient à la cour pontificale, il s'était, dès le début, eilbrcé de les réprimer. Il cliercba, par des mesures rigoureuses, à empêcher ces malversations et ces honteux marchés dont, malgré les défenses de ses prédécesseurs, continuaient à se rendre coupables les officiers apostoliques, et chassa de sa présence ceux que leur conduite signalait davantage à sa sévérité-. Le cumul des bénéfices était l'un des al»u8 qui offensaient le plus sa piété. En vue d'y remédier, il enjoignit à tous les évê(jues de dresser la liste des bénéfices de leurs diocèses et d'envoyer cette liste au saint-siège ^ Il renouvela l'ordre donné par Innocent aux prélats qui sans de justes motifs résidaient à Avignon de retourner en leurs diocèses. « On ne saurait trop vous louer de cette marque de prudence^ lui écrivait Pétrarque; n'y a-t-il pas en effet péril pour le navire, quand tous les matelots, quittant les rames et les cordages, abandonnent la manœuvre pour venir sur la poupe entourer le pilote et le troubler dans son office*. » Clément YI et, après lui, Innocent s'étaient attribué l'évèché d'Avignon, qu'ils faisaient régir par un vicaire. Urbain, montrant par son exemple qu'il réprouvait ces commendes, nomma évêque d'Avignon son frère, Anglic Grimoard. La considération de parenté n'eut qu'une faible part à cette faveur. Ce frère et un neveu, qu'il fit évêque de

guère que ses seules forces, pour se porter sur Alexandrie, dont il s'empara au mois d'octobre de cette année et qu'il abandonna quelques jours après.

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