‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 39 sur 416 · Zeller, Hist. d'Allemagne, t. V, p · texte numérisé non relu

Zeller, Hist. d'Allemagne, t. V, p

En mémo temps que Grégoire poursuivait jusqu'en Palestine Frédéric de ses sévérités, il cherchait à le dépouiller de ses États en Occident. Le cardinal de Saint-Nicolas fut envoyé en Allemagne avec la mission secrète d'y soulever les princes contre l'empereur et son fils Henri et de provoquer l'élection d'un nouveau roi des Romains. Le légat sut associer à ses menées le duc de Bavière, auquel se joignirent un certain nombre de seigneurs et de prélats, et un parti se forma en fave ur du dernier héritier des Welfen, Otton de Lunebourg ^ Mais ce fut surtout en Italie que l'autorité de Frédéric parut le plus menacée. Le vicaire impérial, Rainald, voulant sans doute se rendre maître du duché de Spolète que son père avait jadis reçu en fief de l'empereur Henri VP, avait quitté les États de Sicile et était entré en armes sur les terres du saint-siège ^. Grégoire prétendit que cette violation du domaine pontifical avait eu lieu à l'instigation de Frédéric, et, sous prétexte de protéger les droits de l'Eglise, levant des troupes à sa solde en Lombardie, en Toscane et dans le Patrimoine de saint Pierre, mit sur pied deux corps d'armée. Pendant que l'un, sous la conduite de l'ancien roi de Jérusalem, Jean de Brienne, et du cardinal Colonna, se portait contre Rainald, le second dirigé par le cardinal Pelage et que le premier ne tarda pas à rejoindre, envahissait le royaume de Sicile ^ Des religieux, se répandant dans ce royaume pour y exciter les habitants à la révolte, aidèrent au succès des troupes apostoliques ; et, en quelques mois, toute l'Italie méridionale, à l'exception de la Basilicate et de la Calabre, tomba au pouvoir du saint-siège.

Frédéric se trouvait à Jaffa et n'avait pas encore pris pos-

1. Annal. Colon, max. anno 1228. — Conrad, de Fabaria, Pertz, ss. t. II, p. 181. Voy. Ilist. dipl. t. III, p. 115 et 116.

Page 1