Voir notre premier volume, p
3. Voir deux lettres de Grégoire des 7 et 30 novembre 1128, Rist. dipl. t. III, p. 79-84. Cette agression fut plus tard désavouée par Frédéric, ibid. p. 286.
4. Gherrier, Hist. de la lutte des papes et des empereurs, t. II, p. 89 et ss. — Uisl. dipl. t. III, p. 1 11, note 2,
session de Jérusalem, quand il fut averti do ces derniers événements par une lettre d'un de ses lieutenants, le comte Thomas d'Acerra. « A peine eûtes-vous quitté l'Europe, lui disait-on dans cette lettre, que votre implacable ennemi, le pape Grégoire, a rassemblé des troupes pour s'emparer de vos États, sans considérer que vous êtes en ce moment au service de Jésus-Christ. Ne pouvant vous vaincre par le glaive spirituel, il a résolu, contrairement à la loi chrétienne, de vous abattre par les armes temporelles. Hâtez-vous de pourvoir à la conservation de votre royaume; mais veillez à la sûreté de votre personne ; car, si vous ne revenez que faiblement accompagné, Jean de Brienne, déjà maître de plusieurs ports, cherchera sans doute à vous surprendre, ce dont Dieu vous garde ^ »
Cet avis fidèle décida Frédéric à presser son retour en Italie, et, dans les premiers jours de mai 1229, il se rembarquait pour l'Europe. C'est vraisemblablement à cette date qu'il convient de rapporter la composition du célèbre sirvente attribué à Guillaume Figuières, l'un de ces troubadours du midi de la France qui, fuyant leurs foyers dévastés, avaient cherché un asile en Lombardie. Dans cet écrit, inspiré du souvenir sanglant de la guerre des Albigeois, et oij l'on retrouvait exprimées avec une sombre énergie les mêmes accusations que, dans son récent manifeste, Frédéric avait dirigées contre le saint-siège, l'auteur appelait ouvertement sur le pontife la vengeance de l'empereur. « Rome, — s'écriait le poète, qui, en tête de chaque strophe, se plaisait à nommer l'objet de son ressentiment, — Rome, votre avidité vous trompe, et à vos brebis vous tondez trop la laine. Si grande est votre avarice que, pour argent, vous pardonnez les péchés. Rome, je ne m'étonne pas que les peuples soient dans l'erreur, car vous avez mis le siècle en fermentation et en guerre. Tant est grande votre forfaiture, que Dieu et ses saints vous jetez à l'abandon. Rome, aux Sarrazins vous faites peu de