Rer. senil. 1. IX, ep
Ce premier séjour d'Urbain en Italie, séjour qui commençait si heureusement, fut attristé par un double événement. Le cardinal Albornoz, qui était venu trouver le pontife à Viterbe, y mourut sous ses yeux *. Urbain sentit douloureusement la perte d'un homme dont l'habileté et la valeur lui eussent été un utile secours dans les difficultés qu'il était appelé à rencontrer. Peu après, un incident grave, et auquel il ne devait pas s'attendre, lui prouva combien était fragile la fidélité de ces populations itahennes pour lesquelles il avait quitté Avignon. A la suite d'une querelle survenue entre des habitants et les gens de quelques-uns des cardinaux, se produisit une émeute qui, en un moment, s'étendit à toute la ville. Le peuple en armes assiégea la demeure des cardinaux, qui n'échappèrent à ses violences qu'en cherchant un refuge au palais pontifical. Les séditieux criaient: « Vive le peuple! Meure l'Église! » Plusieurs même parlaient de tuer le pape. A la vérité, cette émeute n'eut qu'une courte durée. Des milices accourues de Rome suffirent à rétablir l'ordre. On arrêta trois cents des émeutiers, dont cinquante furent bannis et sept condamnés à la potence-. Mais, si courte qu'eût été cette insurrection, elle laissa dans l'esprit d'Urbain une impression que rien ne put effacera Avant de quitter Viterbe, craignant pour sa sûreté, il jugea prudent d'attendre des secours qu'il avait demandés à quelques seigneurs d'Italie, et ce fut avec une escorte de près de trois mille hommes d'armes que, le 16 octobre, il faisait enfin son entrée dans la cité des Apôtres ^
Il y fut accueilli au milieu des transports de joie de la population. II y avait alors soixante-trois ans qu'aucun pape n'avait visité Rome. En parcourant l'antique cité, Urbain put constater le mal qu'y avaient causé les guerres civiles. La basili(jue de Saint-Pierre, celle de Saint-Paul étaient à demi-