‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 393 sur 416 · Murât. Annal, d'ital. anno · texte numérisé non relu

Murât. Annal, d'ital. anno

Pise, Sienne, non sans lever plus d'une contribution, il arriva le 17 octobre 13G8 à Viterbe, où Urbain était venu l'attendre. Si, par son inaction en Italie, il avait trompé l'espoir du pontife, il ne lui ménagea pas du moins les témoignages de déférence. Urbain étant retourné à Rome, l'empereur y fit avec lui une entrée solennelle et, s'avançant à pied à ses côtés, tint les rênes de sa monture jusqu'à l'église Saint-Pierre. Dix jours après, avait lieu une cérémonie qui fut pour le monarque une nouvelle occasion de manifester ses sentiments de pieuse humilité. Le 1^' novembre, l'impératrice, qui l'avait accompagné en Italie, était couronnée en cette même église de la main du pape. Durant la messe que célébra Urbain, Charles, dépouillant l'appareil de la souveraineté, remplit auprès de lui les fonctions de diacre et lo servit « du livre et du corporal ^ » Il fit encore à Rome un court séjour ; puis il partit, reprit la route do la Toscane et regagna l'Allemagne, n'ayant réussi, dans cette seconde et inutile expédition, qu'à avilir l'Empire une fois de plus aux yeux des Italiens.

Peu de temps avant que Charles de Luxembourg vînt rendre au pontife ces publics hommages, la reine Jeanne de Naples et le roi de Chypre, qu'un nouveau et vain projet de croisade avait ramené en Occident, s'étaient, de leur côté, présentés à Rome ^. On y vit bientôt un spectacle auquel jamais encore on n'avait assisté. L'empereur de Gonstantinople, Jean Paléologue, arriva lui-même à Rome vers l'automne de 1369. A la vérité, il venait moins pour ajouter par sa présence aux hommages qu'avait reçus le pontife que pour demander des secours contre les Turcs dont les progrès devenaient de plus en plus alarmants. Inquiété jusque dans sa capitale, le faible héritier de tant de puissants empereurs ne régnait plus que sur quelques provinces dévastées, dont les ennemis de la foi enlevaient chaque année des lambeaux.

Page 1