Ibid. t. I, p
Déjà, sous le pontificat d'Innocent, renouvelant une démarche que ses conseillers avaient faite en son nom sous le pontificat do Clément VI, il avait envoyé des députés à Avignon solliciter l'assistance des Latins et promis, à ce prix, l'union des deux Eglises K Pour obtenir plus sûrement l'appui dont il avait besoin, il se décida à venir en personne témoigner de la sincérité de ses promesses. Reçu par le pape avec de grands honneurs, il fit, devant plusieurs cardinaux délégués à cet effet, une première profession de foi, par laquelle il abjurait ses erreurs sur la procession du Saint-Esprit et reconnaissait que l'Église romaine, souveraine dans les questions de dogme, avait la primauté sur toutes les églises chrétiennes. Il réitéra cette déclaration dans la basilique de Saint-Pierre, en présence d'Urbain et de toute la cour apostolique, et il se prosterna devant le pape, qui l'admit au baisement des pieds, des mains et du visage. Le texte de cette profession de foi fut consigné en latin et en grec dans un écrit qu'on scella du sceau d'or de l'Empire et qu'on déposa ensuite dans les archives pontificales^. Mais, en croyant acheter au prix de cette abjuration les secours qu'il était venu chercher, Jean Paléologue s'abusait, comme ses devanciers, sur l'influence du saintsiège. Ce fut sans résultat qu'Urbain adressa à tous les fidèles une lettre encyclique pour les exhorter à soutenir dans sa lutte contre les Turcs l'empereur de Constantinople revenu à l'orthodoxie. Ce fut tout aussi vainement qu'il recommanda les intérêts de ce monarque aux Vénitiens, aux Génois, à la reine do Naples, au roi doHongrie^ Non seulement Jean Paléologue repartit au commencement de l'année suivante sans avoir atteint le but de son voyage; mais il se vit arrêté à Venise pour des dettes qu'il y avait contractées, et il ne put regagner Constantinople qu'en laissant comme caution le plus jeune de ses fils.
A voir ce concours de souverains qui de l'Orient et de l'Oc-