‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 407 sur 416 · Raynald. anno 1372, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1372, n

de Millcczi, qui disait que l'Antéchrist était venu et que, le pape et avec lui les autres ministres de la religion ayant perdu la lumière de la vérité, l'Église avait pris fin*. Au nord de l'Allemagne, un évoque d'IIalherstadt niait publiquement le libre arbitre et déclarait que, tout en ce monde étant le produit de la fatalité, il était inutile de prier Dieu et les saints, ce qui tendait, par une voie détournée, à supprimer le rôle du sacerdoce^. En Espagne, se propageaient d'autres hérésies, dont quelques-unes atteignaient le dogme luimême'. En France, Toulouse, qui avait été jadis le centre du mouvement albigeois, était devenue le foyer de nouvelles erreurs, auxquelles adhéraient non seulement des séculiers, mais des prêtres et des moines^. Une hérésie plus menaçante était celle qui commençait alors d'agiter l'Angleterre et dont l'auteur était un curé de Lutterworth, dans le diocèse de Lincoln, le fameux Jean Wicleff. Pour répandre ses doctrines, il avait choisi parmi ses adeptes un certain nombre d'ecclésiastiques, qui prenaient le nom de « pauvres prêtres, « et qui, vêtus comme lui d'une bure grossière et pieds nus, allaient prêcher le peuple dans les foires, les marchés, les cimetières. L'une de ses erreurs était de croire que l'Eucharistie ne contenait pas en réalité le corps du Christ et n'était qu'une figure. En même temps qu'il touchait aux dogmes, il attaquait la puissance temporelle de l'Église. Il soutenait que le pape, les cardinaux, les évêques et, en général, les ministres de la religion ne pouvaient, sans péché mortel, exercer une domination séculière. Il s'élevait également contre l'accumulation des biens possédés par le clergé et allait jusqu'à déclarer que, si le clergé mésusait de ces biens, il était licite aux princes de l'en dépouiller. Ce qui surtout distinguait ses doctrines, c'était la

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