Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p
3. Lettres de sainte Catherine de Sienne, in-8», Paris, 1694. Cf. Gebhart, Sainte Catherine de Sienne, Revue des Deux Mondes, 1" septembre 1889.
des Florentins que les intérêts de leur commerce en péril et la crainte des Bretons inclinaient vers des idées d'accommodement, elle consentit à se faire médiatrice entre eux et le saint-siège et se rendit à Avignon ^ Elle y parla de nouveau pour la paix; mais l'inflexibilité du pontife et l'arrogance des députés florentins venus pous en débattre les conditions rendirent ses instances inutiles. Donnant alors à sa démarche un plus grand objet, elle parla pour la religion; elle demanda, en face des cardinaux étonnés, le rétablissement des mœurs austères dans l'Église, l'abolition de la simonie, le retour à la papauté évangélique, et, comme premier pas dans la voie des réformes, conjura Grégoire de ramener, sans plus tarder, le saint -siège à Rome.
Ce dernier vœu fut du moins écouté. A la vérité, des messages, venus d'au delà les Alpes, assuraient Grégoire que, par le seul fait de sa présence en Italie, les révoltes s'apaiseraient et que le saint-siège rentrerait dans ses possessions '. Il savait également «qu'un grand scandale » se préparait contre l'Église. Les Romains avaient de nouveau envoyé des ambassadeurs le supplier de se rendre à Rome, l'avertissant que, s'il ne se hâtait d'y transférer la cour pontificale, ils étaient résolus à se pourvoir d'un autre pape ^ Il fut même informé par un de ses légats qu'ils avaient fait dans ce but une démarche auprès de l'abbé du Mont-Cassin^. Ces considérations, jointes aux instancesde Catherine, triomphèrent des hésitations de Grégoire qui se décida à quitter Avignon. Comme Urbain, il lui fallut affronter les récriminations des cardinaux. Le roi de Franco, Charles V, députa vers lui l'un de ses frères, le duc d'Anjou, pour le détourner de son dessein 5. Stimulé par les paroles ardentes de Catherine, il par-
1. Vita B. Calharbiae Senneiisis. ap. BoUand. April. t. III, c. xiii, n» 419.