Ibid. p. 119a
o. Froissart (éd. de Lyon, ISriO), 1. II, c. 12. D'après ce chroniqueur, le
tit *. Laissant six cardinaux à Avignon et suivi des autres, il gagna Marseille et prit la mer. La traversée fut longue, difficile, interrompue par de fréquentes stations sur les côtes ^. A Gènes, obsédé par les cardinaux, il fut sur le point de retourner en France. Il atteignit enfln Corneto. Avant d'aller plus loin, il envoya demander aux Romains des garanties pour sa sûreté, et un traité fut conclu par lequel non seulement ils lui conféraient « le plein domaine de la ville, » mais livraient d'avance entre ses mains les ponts, les portes, les tours, la cité Léonine et la Transtévère^ Il reprit alors la mer, remonta le Tibre jusqu'à l'église Saint-Paul, et, le 17 janvier 1377, au matin, il faisait son entrée à Rome, escorté de deux mille hommes d'armes que commandait Raymond de Turenne, et auxquels se joignirent les milices romaines qui attendaient sur la rive. Ce n'était pas là l'appareil qu'eût voulu Catherine. « Venez seulement avec la croix en main. » lui avait-elle dit ^. Grégoire se présentait en roi. Un moment pourtant le souverain parut faire place au pontife. Ce fut le soir, lorsque, arrivant dans Saint-Pierre où brûlaient dix-huit mille lampes, Grégoire, épuisé de fatigue, d'émotion et peut-être de crainte, se jeta, les bras ouverts sur le tombeau des Apôtres ^
En se rendant en Italie dans Pespoir que sa présence y calmerait les troubles, Grégoire s'abusait. A peine était-il installé au Vatican, que le peuple, violant le traité fait avec le pape, prétendit imposer des limites à son autorité dans la
duc d'Anjou aurait dit à Grégoire : « Si vous mourez par delà, ce que il est bien apparent, si comme vos maîtres de physique me dient, les Romains, qui sont merveilleux et traîtres, seront maîtres et seigneurs de tous les cardinaux et feront pape de force à leur volonté ».
2. Baluze, Vits, t. I, p. 433, 434. — Itinerar. Gregor. XI, auctore Petro Amelio. ap. Papyr. Masson. — Christophe, Uist. de la papauté au XIV» siècle, t. II, p. 430-433.
3. Theiner, Cod. dipl. dom. temp. t. II, n° 606. Ce traité est du 21 décembre 1376.