‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 412 sur 416 · Baluze, VUx, t. I, p. 433. Cf. Itinerar. Gregor. XI · texte numérisé non relu

Baluze, VUx, t. I, p. 433. Cf. Itinerar. Gregor. XI

ville. De leur côté, les nobles, encouragés par la présence de Grégoire, tentèrent d'y rétablir leur ancien ascendant et formèrent un complot, dont l'anglais Hawkwood devait seconder l'exécution, pour abattre le parti populaire ^ Si ce complot n'eût été découvert et n'eût par cela même avorté, nul doute qu'une lutte terrible n'eût éclaté dans Rome entre le peuple et les nobles. Ce n'étaient pas là des promesses de paix. Un événement tragique vint encore compliquer la situation. Le cardinal Robert de Genève s'était retiré dans la ville encore fidèle de Césène avec une partie de ses Bretons. Les excès de cette soldatesque, qu'il ne sut réprimer, exaspérèrent les habitants qui s'ameutèrent contre la garnison et lui tuèrent trois cents hommes^. Craignant que le mouvement no s'étendît, le légat appela les bandes anglaises de Faenza et leur ordonna de se joindre aux Bretons pour châtier les rebelles. Huit mille habitants parvinrent à s'enfuir à travers champs. Quant aux autres, — hommes, femmes, enfants, prêtres, moines, vierges consacrées à Dieu, — aucun ne fut épargné. Près de cinq mille personnes périrent dans cette boucherie, qui rappela le massacre de Béziers lors de la guerre des Albigeois^. On se refuse à penser que l'âme de Grégoire demeura insensible à ces atrocités. Mais c'était lui qui avait poussé les Bretons en Italie, et, pas plus qu'Innocent III, il ne désavoua son légat. Un cri d'indignation retentit dans toute la péninsule. On compara le cardinal de Genève à un Hérode, à un Néron ''. Les Florentins adressèrent aux souverains de l'Europe des lettres de protestation, s'efforcèrent de nouveau de séparer les Romains de la cause

1. Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p. 560, 561. — Christophe, Hist. de la papauté au XIV» siècle, t. II, p. 448, 449.

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