‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 43 sur 416 · Ibid. p. 165, note · texte numérisé non relu

Ibid. p. 165, note

6. Voir une lettre de Grégoire aux Lombards, du 10 novembre 1229, ibid. p. 169.

qui avaient pris parti contre lui *. A ces conditions, Grégoire consentit à délivrer l'empereur de l'excommunication, ratifia même l'accord fait par lui avec les Infidèles et leva l'interdit que le patriarche de Jérusalem avait jeté sur la ville sainte ^. Le 1" septembre, Frédéric alla à Anagni trouver le pape, qui, entouré de ses cardinaux, lui donna le baiser de paix ^; il retourna ensuite dans son royaume pour y effacer les traces des derniers troubles. On put croire à une sincère réconciliation entre l'empereur et le chef de l'Église. Mais Frédéric n'avait accepté ce traité que pour gagner du temps; Grégoire, de son côté, n'avait pas abjuré ses défiances, et les événements ne devaient pas tarder à prouver que cet accord n'était qu'une apparence.

Sur ces entrefaites, Grégoire était rentré à Rome, Durant l'hiver qui avait précédé, les eaux débordées du Tibre avaient envahi la majeure partie de la ville, renversé plusieurs édifices et atteint jusqu'au grand escalier de la basilique de Saint-Pierre. En se retirant, elles avaient laissé des germes de corruption qui exercèrent de tels ravages parmi les habitants, que ce peuple, aussi superstitieux qu'il était inconstant, avait rappelé le pontife, espérant par son retour conjurer le fléau *. C'était à Rome qu'avaient été dressés les articles préliminaires de la paix de San Germano. Cette paix une fois conclue, Grégoire, avec ce même zèle qu'il avait déployé contre Frédéric, se tourna contre l'hérésie, dont il ne lui semblait pas qu'Honorius, en se bornant à la combattre dans le midi de la France, eut suffisamment écarté les périls. La guerre des Albigeois venait alors de prendre fin. Aux termes d'une convention signée un an auparavant à Paris % Raimond VII avait cédé presque tous ses États au jeune roi de

1. Pour le texte de ce traité, voir Hist. dipl. t. III, p. 207 et ss.

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