Schmidt. Hist. des AUAg. t. I, p
2. Matih. Paris. Chron. (éd. Luard), t. III, p. 520. —Schmidt, ibid. p. 365- 367. C'est ce Robert qui fit brûler, en un même jour, cent quatre-vingttrois hérétiques, hommes et femmes, au pied du chàleau de Montwimers. Voy. à son sujet une brochure récente de M. J. Frederichs, intitulée: Robert le Bougre, premier inquisiteur général en France, Gand, 1892.
3. « Miranda res et nimium stupenda, quod hiis temporibus ignis contra genus mortalium sic invaluit... Nam et propter veras lioreses et propter fictas multi nobiles et igiiobiles, clerici, monachi, inclusœ, burgenses, rustici a quodam fratre Conrado ignis supplicio per diversa Teutonise loca, si fds est dici, nimis precipiti sententia sunt addicti. Nam eoJem die quo quis accusatus est, seu juste seu injuste, nullius appellationis, nullius defensionis sibi refugio proficiente, est dampnatus et flammis crudelibus injecivks.n Ayinul. Colon, max. apnd Poertz, ss. t. XVII, p. 843. — .Ylberic. Chron. — (Jf. Gesia Trevir. archiep.
chevêques de Mayence, de Cologne, de Trêves, exhortèrent en vain Conrad à se modérer ; leurs avertissements, les menaces mêmes des nobles et du peuple ne purent mettre un frein à son fanatisme. Au retour d'un synode qui eut lieu au mois de juillet 1233, et où un seigneur, qu'il avait accusé d'hérésie, avait réussi à prouver la pureté de sa foi, il fut enfin massacré par les parents de ses victimes. Le pape excommunia les meurtriers et, tout en paraissant regretter d'avoir donné tant de pouvoir à Conrad, fît l'éloge d'un homme qu'il appelait « un ministre de la lumière * », et que l'Allemagne n'avait appris à connaître que comme un ministre du feu.
Ce meurtre de Conrad de Marbourg ne fut pas le seul acte de représailles que provoquèrent ces excès. A Toulouse, les magistrats refusèrent de laisser les inquisiteurs exercer leur office et les chassèrent de la ville. A Albi, un inquisiteur ayant voulu ouvrir de ses propres mains la tombe d'une femme hérétique, le peuple se jeta sur lui et fut sur le point de le précipiter dans le Tarn. A Narbonne, les habitants ameutés pénétrèrent de force dans le couvent des dominicains et le saccagèrent ^ A Bergame, à Plaisance, à Mantoue, à Naples, des faits analogues se produisirent ^ Ni ces colères, ni ces résistances n'eurent d'effet sur l'esprit de Grégoire. Si l'on excepte la mesure trop tardive qu'il prit à l'égard du dominicain Robert, on peut dire que, loin de chercher à modérer les sévérités des inquisiteurs, il ne cessait par ses lettres de stimuler leur zèle ^. On a peine à concevoir comment l'intérêt de la religion pouvait, dans l'âme du vieux pontife, effacer à ce point la pitié. Il n'y eut pas jusqu'aux contrées de l'est de l'Europe, gagnées aussi par l'hérésie, où
1. RipoU. Bullar. ord. frat)\ prœdic. t. I, p. 64. Grégoire l'appelle Ecclesiseparanymphum, ministrum lacis. Dans ces derniers temps, un érudit allemand a essayé de réhabiliter ce Conrad. Voy, Kaltner, Konrad von Marburg und die Inquisition in Deutschland, Prague, 1882.
2. Pour ces faits, voir Schmidt, Hist. des Albig. t. I, p. 30b, 306.