Schmidt, Ibid., t. I. p
4. Potthast, Rer/. pontif., n»' 9226, 9231, 9263, 9334 et passim.
Grégoire ne voulût exercer ses rigueurs; et, au mois de février 1234, il ordonnait de prêcher une croisade contre les hérétiques en Dalmatie, on Croatie, en Bosnie, en Serbie et dans tous les pays slaves, en promettant à ceux qui prendraient part à cette croisade les indulgences accordées pour les guerres de Terre sainte K
Si habitué que l'on fût, depuis la guerre des Albigeois, au système de violence adopté à l'égard des hérétiques, il était difficile qu'au spectacle de ces excès il ne s'élevât pas de secrètes colères contre la cour de Rome, et que des doutes sur la sainteté de son pouvoir ne prissent point naissance dans les esprits qui, au milieu do ces aberrations do la foi, demeuraient attachés aune religion plus humaine. Tandis que, par ces rigueurs outrées, Rome s'attirait de sourdes haines, elle était, pour d'autres causes, en butte à des attaques ({ui montraient que ce n'était pas seulement du côté de l'Empire que s'étaient réveillées les idées d'hostilité. Vers le mois de février 1231, le cardinal de Saint-Nicolas, le même qui précédemment avait été chargé par Grégoire de soulever l'Allemagne contre Frédéric, ayant convoqué, sous prétexte de réformer les couvents, un synode à Wurtzbourg, le duc Albert de Saxe, de concert avec son frère, le comte d'Anhalt, et d'autres seigneurs, exhorta par une lettre les archevêques et évêques de l' Allemagne à ne pas obéir à cette convocation. « Nous savons, disaitil, que ce cardinal n'a en réalité d'autre but que de s'emparer des prébendes de vos diocèses et d'imposer de nouvelles charges à vos églises. Si donc vous voulez vous soustraire à un joug qui a déjà trop duré, abstenez-vous de paraître à cotte assemblée ; car la dignité du clergé est plus avilie aujourd'hui qu'au temps des Pharaons'-. » Le roi dos Romains, Henri, déclara do son côté que personne on Allemagne, sous peine d'encourir sa disgrâce, ne devait lenir de synode, à l'excop-