novembre 1237. Hist. dipl. t. V, p
NOUVELLES LUTTES CONTRE ROME 7i
vers la Terre sainte les armes du vainqueur ^ Frédéric resta sourd à ces instances. A la suite d'une diète qu'il tint sur la fin de juin 1238 à Vérone, et dans laquelle, voulant sans doute faire montre de piété, il confirma les lois rigoureuses qu'il avait publiées précédemment contre les hérétiques-, il alla mettre le siège devant Brescia ^ Il se heurta à l'héroïque résistance des habitants, qui, redoutant sa vengeance, étaient décidés, plutôt que de se rendre, à s'ensevelir sous les ruines de leur ville. Après plus de deux mois d'un siège opiniâtre, durant lequel il exerça les mêmes cruautés que Barberousse avait commises autrefois sous les murs de Grème, faisant attacher vivants ses prisonniers à ses machines de guerre, il dut abandonner son entreprise et se retirer sur Crémone ^. Cet échec infligé aux troupes impériales releva les espérances de la ligue et rouvrit au pontife les portes de Rome '". Grégoire se prépara dès lors à prendre part à la lutte. A son instigation, les deux villes rivales de Venise et de Gènes, que menaçait également l'ambition de Frédéric, s'unirent, pour une période de neuf années, dans une alliance contre l'empereur ^ Le pape n'attendait, de son coté, qu'un prétexte pour le frapper, quand un nouvel acte Je Frédéric précipita ses coups.
Dans le temps même que Grégoire rentrait à Rome, Frédéric, qui venait de marier l'un de se^ls naturels, Enzio, à la veuve d'un des plus puissants juges de Sardaigne, envoyait le jeune prince occuper cette île avec le titre de roi^. C'était braver le saint-siège dans les droits qu'il n'avait cessé ■