avril 1239. Ibid. p
4. Un contemporain disait expressément: « Ponlifex .. cognoscebat animum imperatoris esse proclivem ad ecclesiaui oppriuiendam, si posset sibi subjicere Lombardiam. » Monach. Paduan. anno 1239, Murât, rer.
un manifeste qu'il adressa aux souverains de l'Europe, exposant, à son tour, les sujets de plainte qu'il prétendait avoir contre Grégoire, il rappela l'excommunication imméritée dont il s'était vu frappé, alors que la maladie l'avait empoché de se rendre en Terre sainte, l'invasion du royaume de Sicile quand ensuite il avait passé outre-mer, la protection non dissimulée que, malgré la paix qui avait été conclue, le pape n'avait cessé d'accorder aux Lombards ennemis de l'Empire; après quoi, parlant de la dernière excommunication prononcée contre lui et à laquelle, disait-il, il refusait de se sou mettre, il ajoutait ces paroles qui montraient à quel degré de hardiesse osaient s'élever, à cette heure, les adversaires du saint-siège : « Le pape peut nous faire injure, mais non pas justice. Si nous le récusons comme juge, ce n'est pas que nous méprisions en elle-même l'autorité dont il est revêtu, mais parce qu'il s'est rendu indigne de l'exercer. Est-il digne des augustes fonctions du pontificat celui qui, par inimitié contre le chef de l'Empire, protège ouvertement la ville de Milan infestée d'hérétiques? JNous déclarons que nous ne reconnaissons pas pour vicaire de Jésus-Christ un homme qu'on sait conférer à prix d'argent des dispenses interdites par les canons, et qui dissipe les revenus de l'Église pour acheter la faveur des Romains. Rois et princes, s'écriait-il en terminant, considérez comme vôtre l'injure qui nous est faite. Apportez de l'eau pour éteindre le feu allumé dans votre voisinage; car un pareil danger vous menace. On croit pouvoir abaisser facilement les autres princes, si Ton écrase l'empereur qui doit soutenir les premiers coups K Nous vous prions donc de nous prêter votre assistance; non que nos forces ne soient suffisantes pour repousser une telle injure,
ital. t. VIII. Frédéric écrivait, de son côlé, à la fin de la lettre que nous citons ci-dessous : (( Expresse proniisit (pontifex) quod, si negotium Lombardorum in ejus manibus poneremus,.. totius orbis décimas, Terre sancte necessitatibus deputatas, nostris usibus applicaret ».
1. u Facilis aliorum regum et principum humiliatio creditur, si Gesaris romani potentia, cujus clypeus prima =acula sustinet, adversantium (conatibus) conteratur. »
mais il. importe de faire connaître au monde qu'en attaquant l'un des souverains séculiers, on touche à l'honneur de tout le corps K »
Grégoire ne laissa pas sans réponse cet audacieux manifeste. Il puhlia une nouvelle encyclique où, recourant également à l'injure, il appelait Frédéric le précurseur de l'antechrist, le comparait au monstre de l'Apocalypse qui souillait l'Eglise de son venin et cherchait à en dévorer la suhstance. Il y reprenait en détail le récit de toute la conduite antérieure du monarque et montrait que ses actes n'avaient été que trahison et ses paroles que mensonge. Il y répétait qu'en 1227 Frédéric avait à dessein retenu les croisés dans les plaines hrùlantes de la Pouille pour les faire périr par la contagion, et allait Jusqu'à insinuer qu'il avait empoisonné l'un do ses plus puissants vassaux ^ prêt à partir avant lui. Non content de le flétrir pour sa conduite passée, il le dénonçait aux fidèles comme professant en matière de religion les opinions les plus criminelles. « Ce souverain pervers, écrivait-il, ose soutenir qu'il n'a pu être lié par la sentence que nous, vicaire du Seigneur, nous avons prononcée contre lui. Or, en prétendant que Jésus-Christ n'a point remis au hienheureux Pierre et à ses successeurs le pouvoir do lier et de délier, il tomho dans une hérésie manifeste et s'etTorce d'enlever à l'Eglise, sur laquelle la foi repose, le privilège qu'elle tient de la parole de Dieu. Mais nous avons des preuves plus fortes de ses ahominations. Ce prince, assis dans la chaire de pestilence, ne craint pas d'affirmer que le monde a été trompé par trois imposteurs, Jésu.s-Christ, Moïse et Mahomet, ajoutant que Jésus, qui a suhi le supplice delà croix, doit être mis au dessous des deux autres qui sont morts dans la gloire. IP a de -plus osé dire qu^'il n^'y a qu« -des 4nsensés qurcroierit que Dieu ail pu naître d'une vierge; qu'un homme ne peut
1. (( Totus mundus agnoscat quod honor omnium tangitur, quicunque de corpore seeulai-ium principum tangitur. » 20 avril 1239. Hist. dipl. t. V, p. 29o-307.