Voy. notre premier volume, p
chimères les révélations des saints '. Grégoire eut également l'occasion de constater, en plusieurs circonstances et au sein même du clergé, de semblables tendances. Bien que François d'Assise eût été récemment canonisé ^, plus d'un ecclésiastique refusait de croire aux stigmates, par lesquels Dieu avait voulu publier ses vertus. En Bohème, l'évêque d'Olmutz avait défendu expressément de les représenter sur les images de ce saint; et le pape dut écrire au prélat et, en général, à tous les fidèles d'Allemagne pour confirmer la réalité d'un fait qui avait été, disait-il, le principal motif de l'hommage rendu à saint François ^ En Moravie, un frère dominicain prêcha même publiquement au sujet de ces stigmates, disant que c'était un mensonge imaginé à dessein par les Frères mineurs pour attirer à leur ordre les largesses des fidèles '*. Si l'on rencontrait chez des ecclésiastiques ces négations ou ces doutes, encore plus les trouvait-on chez les séculiers. En France et dans le nord de l'Allemagne, le Roman du Renart, ce poème satirique où l'on raillait le clergé, le saint-siège et jusqu'aux sacrements, et qui, déjà connu au siècle précédent, s'était enrichi par degrés de nombreuses additions, était alors plus que jamais populaire \ En Italie, la croyance aux miracles semblait également ébranlée. Dans le moment où il provoquait une persécution si violente contre les hérétiques, Grégoire avait envoyé à Florence un moine dominicain, Jean de Yicence, ignorant, mais grand prédicateur, et qui s'attribuait le don des miracles. Informés