‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 65 sur 416 · Hist. litlér., t. XXII, p. 889 et suiv · texte numérisé non relu

Hist. litlér., t. XXII, p. 889 et suiv

de son arrivée, les Florentins, gens d'humeur railleuse, s'écrièrent : « Pour Dieu, qu'on ne nous envoie pas ce saint homme qui a le pouvoir, paraît-il, de ressusciter les morts! Car nous sommes déjà si nombreux dans notre ville, que c'est à peine si elle peut nous contenir tous K »

Grégoire ne s'était pas borné à la sentence dont il avait frappé Frédéric. Pendant qu'un sous-diacre de l'Eglise romaine, qu'li avait dépêché dans la Haute Italie en qualité de légat, allait à Milan encourager la résistance et, portant le zèle jusqu'à ceindre l'épée,se faisait chef militaire de la ligue ^, des moines mendiants se répandaient, par les ordres du pontife, dans le royaume de Sicile et en Allemagne, afin d'y soulever les esprits contre l'empereur ^ Mais les habiles mesures que le monarque avait prises, depuis plusieurs années, pour consolider son autorité des deux côtés des Alpes, l'excès même des accusations dirigées contre lui et qu'on n'attribuait pas uniquement à des motifs de religion, empêchèrent, au moins pour le moment, l'effet de ces tentatives; et, en dehors des cités lombardes que leur intérêt unissait au saint-siège, Grégoire ne réussit qu'à provoquer de vaines agitations. Ce fut inutilement que, par Pentremise d'un de ses agents les plus dévoués, l'entreprenant et peu scrupuleux Albert de Beham, archidiacre de Passau, il s'adressa aux princes et aux évoques de l'Allemagne pour obtenir la déchéance de Frédéric et Pélection d'un autre souverain *. Dans une diète à Egra ^, que présidait le jeune Conrad, roi des Romains^ les princes jurèrent de rester fidèles à Frédéric ^ Les prélats, à

1. « Pro Deo non veniat hue! Audivimus enim quod mortuos suscitât ; et tôt sumus, quod civitas nostra capere nos non potest. » Salimbene Chron.

2. Voir la lettre de Frédéric déjà citée du 20 avril 1239. Cf. Chron. de reb. in Ital. g est.

3. Ricc. de S. Germ. ann. 1239-1240. Cf. une lettre de Frédéric aux u maîtres de l'ordre des Frères prêcheurs à Paris » du 27 février 1241, Ilist. dipl. t. V, p. 1098-1100.

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