‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 66 sur 416 · l"juin · texte numérisé non relu

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6. (( Gautione juratoria se imperatori obligantes, papam ipsi reconciliare promiserunt. » Chron. Erphord. Cf. Annal. Stadens. anno 1240.

leur exemple, déclarèrent pour la plupart que « le respect filial auquel ils étaient obligés envers le pape ne pouvait les dispenser de la fidélité que, comme seigneurs temporels, ils devaient au chef de l'Empire K » La résistance du clergé allemand alla même jusqu'à l'opposition ouverte. « Le pape peut faire paître, comme il voudra, ses brebis d'Italie, disait l'évêque de Freisingen; mais il ne lui appartient pas de s'ingérer, sans notre aveu, dans les affaires de l'Allemagne ^. » Repoussé de ce côté, Grégoire se tourna vers la France et fit proposer secrètement à Louis LX^, par le cardinal-évêque de Palestrine, de donner l'Empire à l'un de ses frères, Robert, comte d'Artois. Mais Louis était d'un caractère trop haut pour tirer profit d'une querelle où il voyait plus de partialité que de justice, et il rejeta les offres du pontife. Bien loin de s'associer aux ressentiments de Grégoire, le pieux roi, aussitôt après l'excommunication prononcée contre Frédéric, avait envoyé des députés au pape, en vue de rétablir la paix entre lui et l'empereur. Les barons français eux-mêmes, au dire d'un contemporain, s'étonnèrent de cette témérité du pape à prétendre, de sa seule autorité, priver de la couronne un si grand prince, et ils déclarèrent que, s'il était vrai que Frédéric se fût rendu par ses fautes indigne du rang suprême, il ne pouvait du moins être déposé que par un concile général^. En môme temps qu'il travaillait « de toutes ses forces » à

1. Lettre de plusieurs prélats allemands au pape, septembre 1239, Hist. dipl. t. V, 398-400.

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