août 1241. Ilist. dipl. t. V, p
2. « Summum molitus est creare pontificem ac sedein apostolicam subjicere ditioni. » Alb. de Beliam, cité par Huillard-Bréholles, Vie de Pierre de la Vigne, p. 183.
être déçu. Los cardinaux réunis à Rome pour l'élection étaient au nombre de dix '. Frédéric permit aux cardinaux de Palestrine et de Saint-Nicolas, qu'il gardait prisonniers à Naples, d'aller se joindre à leurs collègues^, sous la condition de revenir se mettre entre ses mains si aucun des [deux n'était élu ^ Mais les membres du sacré collège, en désaccord sur la conduite à tenir à l'égard de Frédéric, n'étaient pas moins divisés parleurs rivalités personnelles. Au bout de quarante jours, ne pouvant parvenir à s'entendre, ils portèrent sur le saint-siège, sous le nom de Gélestin IV, Godefroy, cardinalévèque de Sabine ^ dont le grand âge et l'état maladif faisaient pressentir la fin procliaine. C'était laisser aux événements toute leur incertitude. Célestin mourut en effet le 15 novembre 1241, seize jours après son élection. A peine le pontife était-il décédé, que les cardinaux, s'éloignant de Rome avant même qu'il fût inhumé, se dispersèrent dans l'Etat ecclésiastique, sans qu'il fût possible de les réunir pour une autre élection ^. Alors commença une vacance de près de vingt mois, prélude de ces longs interrègnes dont la chaire apostolique devait plus d'une fois par la suite offrir le scandaleux spectacle. Elle ne fit qu'accroître les divisions des deux côtés des Alpes et introduire, par une conséquence inévitable, de nouveaux désordres dans l'Église.
Malgré les circonstances critiques où se trouvait le sacré collège et qui expliquaient jusqu'à un certain point ses hésitations, on conçoit les blâmes trop mérités qu'une vacance aussi prolongée dut attirer sur la cour de Rome. Ces blâmes étaient d'autant plus vifs, que la chrétienté eût alors besoin d'être unie pour repousser les Tartares-Mongols qui, sortis de l'Asie sous la conduite du farouche Batou-Khan, fils du fameux Ïgengis-Khan, avaient récemment ensanglanté la Hongrie et menaçaient Je s'avancer au cœur du continent. Frédéric, en
i . C'est le chiffre indiqué par Matth. Paris. Cf. Ciacon. Vitœ pontif. et card.