‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 76 sur 416 · octoi:)re · texte numérisé non relu

octoi:)re

4. « Cardinales de urba fugerunt, eo insepulto. » Rice. de S. Germ.

notifiant aux princes do l'Europe la mort de Grégoire, avait annoncé l'intention de se porter contre les Tartares aussitôt que la paix serait rétablie entre le saint-siège et l'Empire K Cette vacance ne laissait pas de favoriser, en une certaine mesure, ses desseins ambitieux. En même temps qu'il s'établissait plus fortement dans le duché de Spolète, dans la Marche d'Ancone et en Toscane, il envahit de nouveau l'Etat ecclésiastique et tenta encore une fois, mais sans succès, de se rendre maître do Rome ^ Dans le moment oij il faisait cette tentative, au mois de juillet 1242, s'associant en apparence au mécontentement de la catholicité, il écrivait aux cardinaux: « Vous devriez être le pivot et l'arc-boutant du saintsiège, et, par vos dissensions, vous vous rendez le mépris du monde. L'Église, privée de chef, tombe dans l'abaissement; la foi s'altère; le peuple croit que Dieu vous a enfin abandonnés et que c'est le prince des ténèbres qui, à sa place, réside au milieu de vous ^ » Frédéric no fut pas le seul qui fît entendre alors des reproches aussi sévères. De violents libelles, rédigés peut-être à son instigation, furent répandus contre l'Église romaine '*. En Angleterre, on ordonna des prières publiques pour apaiser la colère divine ^ Si l'on en croit Matthieu Paris, les évêquos de France, de leur côté, députèrent vers les cardinaux, et, invoquant un prétendu privilège que le pape saint Clément avait autrefois conféré au bienheureux Denis en lui donnant l'apostolat sur les peuples d'Occident, avertirent le sacré collège que, s'il lardait plus longtemps à s'acquitter de son mandat, ils éliraient eux-mêmes en décades monts un pape auquel ils obéiraient. Cette menace de rendre l'Église de France indépendante do Rome, menace qui rappelait à quelques égards les projets de Frédéric sur

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