‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 81 sur 416 · Il était en outre prévôt de Bruges et doyen de Vienne · texte numérisé non relu

Il était en outre prévôt de Bruges et doyen de Vienne

4. Lettre de Clément IV, 5 mai 1267, Potthast, Reg. pontif. n» 19998. Indépendamment du comte Amédée, ce Philippe eut d'autres frères, qui furent élevés, dans des conditions analogues, à de hautes dignités ecclésiastiques, et dont les mœurs étaient plus militaires que sacerdotales. Sur cette famille de Savoie, qui futalors un déshonneur pour l'Église, voir E. Berger, ibid. p. Lxix-i.xxvi ; voir aussi l'ouvrage de l'abbé J. Chevalier, Quarante années de l'histoire des évêques de Valence au moyen âge, in-S", 1889,

Dès son arrivée à Lyon, Innocent avait envoyé des lettres de convocation pour le concile général. Il en avait fixé la date à la Saint-Jean-Baptiste de Tannée 1243. A ce moment la situation de Frédéric n'était plus aussi favorable. En Allemagne, où il n'avait pas reparu depuis bientôt huit ans ^ la idehte de plus d'un prince commençait à s'ébranler. Bien que la mort de Grégoire y eût interrompu les menées du saints.ege, les efforts persistants de ce pontife n'avaient pas laissé de produire quelque effet. Déjà, plus d'une année avant l'avénement d'Innocent, l'archevêque de Mayence, chargé autrelois par Frédéric de la tutelle de Conrad et de l'administration de l'Empire, avait pris parti contre le monarque ^ • l'archevêque de Cologne, l'évèque de Spire avaient suivi cet exemple \ La défection, non encore avouée, du landgrave de Thuringe avait succédé à celle de ces prélats, et il y a lieu dépenser qu'Innocent, en se concertant récemment avec ce prince, l'avait llatté de l'espoir de la couronne impériale 1 est superflu d'ajouter que, dans le royaume de Sicile tous les mécontents qu'avaient faits les constitutions de Melfi étaient les secrets auxiliaires de la cour de Rome. D'un autre côté, la bataille de Meloria, la captivité infligée à tant de prélats dont l'unique tort avait été d'obéir à l'appel du chef de l'Eglise, avaient aliéné à Frédéric une partie des évêques d'Occident jusqu'alors hésitants entre lui et le saint-siè-e Enfin Innocent, mettant habilement à profit les deux années

vru 1-4J, aurait fait en Allemagne une très courte apparition nen.Hnt l-i quelle U aurait enlevé à l'arclievéque de Mayence la rT^ence de "'Empire" Ce teappantion, si elle eut lieu, dut être co.u-te en effe ca/on posS ^Sl Ir er=y-^V-;f -:4 --a en .L ^^

Jsulfu T'f^"^- ^- '''' '''''• ^''' ''^^''''^ dlnnocent ,éd Bercer n- 6o4) attestent en outre que. le 5 mai 1244, ce pontife accordait auxl

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qui venaient de s'écouler entre son élévation au pontificat et la réunion du concile, avait tout fait pour s'assurer le con cours du clergé. Il ne s'était pas borné à nommer ou confirmer nombre d'archevêques ou d'évêques. Il avait prodigué à fexcès les privilèges, les dispenses, les faveurs, étendant ainsi, dans le but de se créer des partisans, les abus déjà si multipliés qui affligeaient l'Église *.

Malgré tant de raisons qui devaient attacher le clergé à la cause du saint-siège, les prélats se rendirent au concile en moins grand nombre qu'on n'eût pu s'y attendre; et, bien que cette assemblée ait été qualifiée d'œcuménique par les historiens de l'Eglise, il est difficile de lui conserver une qualification qu'Innocent lui-même évita de lui donner^. Outre les patriarches de Constantinople, d'Antioche et d'Aquilée, on n'y comptait guère que cent quarante métropolitains ou évêques, avec les abbés et les délégués des chapitres, venus pour la plupart de France, d'Angleterre et d'Espagne. Encore les Espagnols étaient-ils les plus nombreux. L'Allemagne, si intéressée aux débats qui allaient s'ouvrir, n'était

1. Voy., pour ces divers privilèges, la curieuse et longue énumération qu'en a donnée M. Berger d'après les registres d'Innocent, t. II, Introd. p. xLi-xLYi, texte et notes.

2. Dans deux canons du concile de Latran de 1215, Innocent III qualifie expressément ce concile «. d'universel » (sacro et universali concilio approbante, can. 2; sancla universali synodo suadente, can. 71 et dernier, relatif à la croisade). On ne trouve pas cette qualification dans les canons du concile de Lyon, et Innocent IV se contente de dire : « pnesentis concilii approbatione sancimus », ou « ex communi concilii approbatione statuimus », ou encore « sacro suadente concilio ». Il est vrai que, dans le décret rendu par Innocent IV à ce concile au sujet de la Terre sainte, on lit: « sancta universali synodo suadente» ; mais il convient de remarquer que, sauf le préambule, celongdécret est la reproduction textuelledudécretd'InnocentlII relatif au même objet et que, dans le préambule qui seul appartient à Innocent IV, on lit seulement : « sacro approbante concilio ». Le pape avait sans doute intérêt à dire que ce concile était œcuménique, et l'on trouve en effet dans une lettre d'Innocent IV, {llist. dinl. t. VI, p. 646-631) que Frédéric fut condamné par « l'Église universelle ». Mais cette lettre est du mois d'août 12-48. Encore dans une autre lettre de même date (Ibid. t. VI, p. 644) se borne-t-ilà de dire : « sacro approbante concilio ». Ces divergences prouvent tout au moins l'hésitation du pape à qualifier d'universelle une assemblée qu'on savait avoir été très peu nombreuse. Cf. ci-après, p. 102, note 2.

représonlée que par trois évùques, ceux di; Liège, de Trioste et de Prague K D'Italie on ne vit arriver, avec les métropolitains de Milan et de Pise, que les évèquos de Lacques, de Modène, d'Ancone et de Carinola; et, à l'exception des archevêques do Bari et de Palerme, dont le dernier se présentait comme mandataire de l'empereur, aucun prélat ne vint du royaume de Sicile-. La crainte de s'attirer le ressentiment de Frédéric avait sans doute pu retenir les évèques de ces contrées, d'autant que, dans le mémo moment, l'habile monarque présidait à Vérone une diète à laquelle il avait convoqué les princes ecclésiastiques et séculiers do l'Empire ^ D'un autre côté, certains prélats, tels que les archevêques de Mayence et de Cologne, étaient restésen Allemagne, avec l'approbation du pape, pour y fomenter l'agitation contre l'empereur ^. Mais, même abstraction faite de l'Italie et de l'Allemage, le petit nombre d'évêques qui s'étaient rendus au concile attestait que le clergé en Europe était divisé sur les vues qui animaient la cour de Rome. En Angleterre, beaucoup d'évêques et d'abbés, alléguant leur âge ou leurs infirmités, s'étaient fait excuser ^ En France, s'était passé un incident qui dénotait également plus d'une hésitation. Un mois avant la réunion du concile, Innocent avait ordonné de publier de nouveau la sentence d'excommunication portée contre Frédéric. Un curé d'une des paroisses de Paris, s'adressant, un jour de fête solennelle, aux fidèles qui remplissaient l'église : « J'ai

1. La plupart des historiens ont cru qu'Innocent n'avait pas adressé au clergé d'Allemagne des lettres de convocation. Le fait est que ces lettres ne figurent pas sur les registres du pape. Mais cette absence ne prouve pas qu'il n'y ait pas eu convocation.

2. Voy. E. Berger, Reg. dlnnoc. IV, t. II, Inlrod. p. lxxxii-xc.

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