Matth. Paris, t. IV, p
3. Guill. de Nang. Gest. Ludov. — Reg. d'Innoc. IV, n" 2229 (Lettre du pape du 6 novemb. 1246).
4. Il convient de noter que ce fut, sur la requête de Louis IX, que le pape envoya des prédicateurs en Frise pour la croisade; ils y arrivèrent en septembre 1247. Deux mois après, sur la demande de Guillaume de Hollande, il commuait les vœux des Frisons, et les autorisait à se joindre au roi des Romains pour combattre Frédéric.
5. 5 juillet 1246. « Volumus ut ista secreto teneas, nuUi penitus revelanda. « Reg. n° 2935. En recommandant le secret à son légat, le pape voulait sans doute se soustraire aux justes réclamations de Louis IX.
les personnes de tout sexe, de toute condition, jusqu'aux infirmes, aux malades et aux vieillards; puis, le lendemain ou sur l'heure, pour une somme quelconque, ils les déliaient de leurs engagements K La perte récente de Jérusalem n'eût sans doute été suivie d'aucun nouvel effort contre les Infidèles, si le roi de France, aussi fervent en sa religion qu'attaché à ses serments, n'eût persévéré dans le vœu de se rendre outre mer, vœu qu'il avait fait, peu avant la réunion du concile, durant une maladie où il avait failli succomber '. On était si dégoûté de ces lointaines et infructueuses entreprises, que non seulement nul autre souverain ne se joignit à Louis IX ^ mais qu'en France la mère de Louis, les grands du royaume, l'évèquc de Paris lui-même s'efforcèrent de détourner le roi de cette expédition, au point de lui dire qu'ayant pris cet engagement en état de maladie, il n'avait pas à ce moment la conscience de ses actes ''. Certains indices autorisent même à penser qu'Innocent, qui craignait de se trouver sans appui en face de Frédéric, essaya de retenir le monarque \ Louis ne se laissa pas ébranler. Son exemple, ses exhortations, peut-être aussi l'attrait nouveau d'une solde, entraînèrent à sa suite la nol)lesse française. Parti de Paris au
1. Matth. Paris, t. V, p. 73. Voir aussi Berger, Reg. d'Innoc. IV, t. II, IntrocL, p. cxxviii. D'après Nicolas de Gurbio, c. 29, le pape, durant les sept années qu'il résida à Lyon, dépensa, dans sa lutte avec Frédéric, plus de 200,000 marcs d'argent, ce qui représenterait aujourd'hui la valeur d'au moins quarante-huit millions de francs. Les textes prouvent que l'argent recueilli en Allemagne pour la Terre sainte fut détourné de son objet et employé à la guerre contre Frédéric. Voir Hist. dipl. t. VI, p. 682; Reg. d'Innoc. IV, n°* 4166, 4238, 4269, 4ol0. Le pape ne parait avoir opéré ces détournements qu'après le départ de Louis IX pour l'Egypte ; il craignait les remontrances du roi.