Chron. Erphord
du pape; c'est un homme si pervers et d'un si mauvais exemple, qu'il vaut mieux se taire sur son compte. Priez plutôt pour le seigneur empereur Frédéric et pour son lils Conrad; ceux-là sont les parfaits et les justes K »
On conçoit comment, dans cette situation des esprits et au milieu des graves événements qui troublaient alors l'Europe, le zèle des croisades pour la Terre sainte, déjà si affaibli, s'éteignit enfin tout à fait. Le pape, sur la demande de Louis IX ^ et conformément au décret publié dans le concile de Lyon, avait chargé le cardinal-évèque de ïusculum, Eudes de Chàteauroux, de faire prêcher la croisade, non seulement en France, mais en Angleterre, en Allemagne et dans les autres États de l'Occident ^ Ce soin avait été confié aux franciscains et aux dominicains. Mais, en promettant à tous ceux qui porteraient les armes contre Frédéric les indulgences accordées pour les expéditions de Terre sainte, en relevant de leurs vœux nombre de croisés qui s'engageaient à le combattre. Innocent contribua lui-même à détourner les chrétiens de la guerre de Palestine ■*. Il fit plus; il enjoignit à Eudes de Châteauroux, par une lettre secrète, d'interrompre en Allemagne la prédication de la croisade 5, afin de ne point nuire au mouvement que, dans cette partie de l'Europe, il fomentait contre Frédéric. Les moines mendiants, de leur côté, discréditèrent par leur conduite le principe même de la croisade. En vue de fournir au pontife les ressources dont il avait besoin dans sa lutte avec l'empereur, ils croisaient