Matth. Paris, t. V, p
'.:>. Chron. Erphord. — Berger, loc. cit., p. ccxx.vi.
mois de juin 1248, il passa par Lyon, où il sollicita encore avec instance et sans succès l'inexorable pontife de pardonner à l'empereur en considération de la Terre sainte *. Après cette dernière et inutile tentative, il se rendit à Marseille et, le 25 août, il s'embarquait à Aigues-Mortes, montrant ainsi à loule l'Europe qu'il y avait alors plus de piété dans le cœur d'un roi que dans celui du cbcf môme de l'Eglise.
Telle était l'opiniâtreté d'Innocent, que, quelques jours seulement après que Louis IX avait quitté la France, il ordonnait au cardinal Etienne, vicaire pontifical à Rome, de faire prêcber la guerre sainte contre Frédéric dans l'État ecclésiastique, de frapper d'excommunication quiconque lui donnerait un secours manifeste ou caché, et de placer sous l'interdit tout le royaume de Sicile. « Faites savoir aux habitants de ce royaume, mandait-il à son légat, que les villes qui resteraient attachées au tyran perdront leurs privilèges, comme les nobles leurs fiefs et le clergé ses dignités. Dites également à ceux qui nous obéiront qu'ils n'ont pas à craindre de retomber sous le joug du monarque déchu ou sous celui de ses fils. Un arrêt émané du ciel môme, par l'organe de l'Eglise universelle, ayant déposé Frédéric, ce jugement ne peut être réformé par aucun pouvoir humain, et jamais, du consenteinent du saint-siège, un prince issu de cette race de vipères ne sera empereur ou roi ^ » Deux mois après, comme si les événements eussent été complices de la sévérité d'Innocent, un nouvel échec était infligé à Frédéric. Pendant qu'à l'appel du pape les populations du sud de la péninsule se soulevaient encore une fois, et que les Guelfes de la Haute Italie, enhardis par leur récente victoire, s'apprêtaient à en poursuivre les effets, en Allemagne Guillaume de Hollande, aidé des armes des Frisons, s'emparait d'Aix-la- Chapelle, sans que Conrad eût pu s'opposera cette entreprise.
1. Mallh. Paris, t. V, p. 22. Voir une lettre du pape à ce sujet, août 1248, Hist. dipl. VI, p. 643, 644.