août 1248. Hist. dipl. t. VI, p. 656-6;il
et y recevait soleiiiielleinent la couronne des mains de l'archevêque de Cologne ^
Malgré ces coups successifs portés à sa fortune, Frédéric ne laissa pas de continuer la lutte. Aux dernières mesures prises par Innocent il répondit par un redouldement de rigueurs contre les sujets de son royaume qui trahissaient sa cause, allant jusqu'à ordonner de faire périr par le feu tout religieux qui serait trouvé muni de lettres pontificales '. De nouveau il essaya d'entraîner dans une ligue les souverains de l'Europe. Au mois do mars 1249, à l'occasion d'un complot tramé contre sa personne et dont, égaré par le ressentiment, il accusa le pape d'avoir été l'instigateur, il adressa aux princes de la chrétienté une lettre dans laquelle il disait : « Innocent, ce p{mtife grand et pacifique, ce directeur de la foi, non content de semer partout la révolte, a couronné ses œuvres en cherchant à nous ôter la vie. Considérez la gravité d'un tel crime; considérez les excès et l'orgueil de ces prélats qui, non satisfaits du domaine spirituel, veulent encore, par les moyens les plus coupables, chasser les princes du domaine temporel. Résistez donc à leur cupidité insatiable; empêchez qu'ils ne se glorifient dans leurs vices; assistez-nous contre eux de votre force et de votre courage, afin qu'abaissant leur orgueil nous affermissions l'Eglise, notre mère, en lui donnant des guides plus dignes dî la diriger, et que nous puissions, comme c'est notre office, la réformer et l'améliorer pour la gloire de Dieu ^ »
Ce manifeste, où Frédéric faisait entendre encore une fois le mot de réforme, fut le dernier qu'il adressa aux princes de