‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 1 sur 357 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

moins contre des doctrines | que contre un pouvoir, contre le pouvoir pontifical et les abus de ce pouvoir. C'est au nom de Tidéal chrétien que la papauté a été attaquée, idéal qui a fait à la fois la force et la faiblesse de la cour de Rome: sa force, parce que, dans ses plus grands égarements, elle ne l'a jamais tout à fait perdu de vue; sa faiblesse, parce qu'elle n'a pu l'atteindre et qu'en certains moments elle a semblé le méconnaître.

Pour montrer comment s'était constitué ce pouvoir, nous avons été amené à remonter jusqu'à l'époque éloignée que domine la grande figure d'Hildebrand. Les papes prétendaient alors non seulement commander aux évêques, mais diriger les Étals et disposer des couronnes, en môme temps que régner, comme souverains temporels, sur une partie de l'Italie. Ces prétentions, qui rencontrèrent d'abord plus d'un obstacle, devinrent une réalité sous un pontife célèbre aussi, mais moins grand que Grégoire VII, et qui fut Innocent III.

Cette énorme puissance, qu'expliquaient les circonstances où elle fut établie, se justifia au début par ses bienfaits. Mais, comme tout ce qui est excessif, elle devint bientôt une source d'abus, qui apportèrent peu à peu le trouble dans l'Église et dans la société et qui, au moment du Grand Schisme, atteignirent la mesure extrême. Quelque temps auparavant, les princes, d'accord avec les peuples, avaient ôté à la papauté la direction des États, sans qu'elle voulût ou parût y renoncer. Les évoques se soulevèrent à leur tour et, se faisant les juges du saint-siège dans des conciles généraux, tentèrent de fixer des bornes à son autorité spirituelle. Cette entreprise échoua. En vain l'hérésie.

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