PRÉFACE VII
qui gagnait alors des populations entières, annonçaitelle l'inquiétude des esprits. La papauté reprit, avec son autorité, ses anciennes prétentions; les mêmes abus se renouvelèrent, et une révolution devint inévitable.
L'époque où se produit cette révolution n'est pas celle qui marque le terme de cet ouvrage, et nous avons cru devoir nous arrêter à la naissance de Luther. D'une part, la révolution était déjà préparée à ce point dans les esprits, qu'il suffisait d'une circonstance fortuite pour que des idées elle passât dans les faits. D'une autre part, il nous a semblé superflu de retracer, après tant d'historiens, cette époque à la fois brillante et funeste où, en même temps que renaissent avec éclat les lettres et les arts, on voit la foi du Christ s'altérer aux souvenirs de l'antiquité païenne, la morale s'altérer avec la religion, et un Alexandre VI prendre place sur la chaire de saint Pierre.
C'est donc entre l'apparition d'Hildebrand et la naissance de Luther, sur un espace de plus de quatre siècles, que s'étend cet ouvrage. Dans le tableau qu'il présente et qui est, à certains égards, une histoire générale de l'Europe, l'ordre chronologique s'imposait. Si les événements influent sur les opinions, les opinions n'influent pas moins sur les événements, et un ordre différent eût nui à l'exactitude du récit. Pour en recueillir les matériaux, nous nous sommes efforcé de remonter aux documents originaux. La correspondance | des papes, que les travaux de l'École française de 1 Rome ont plus complètement mise au jour, les lettres des princes, celles des éva^ques, les écrits publiés par les contemporains sur les questions. qui tour à tour agitaient les esprits, ont été les éléments principaux de