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2. Falco Benevent. Chron, anno 1127. Ce chroniqueur, qui était en 1133 notaire de la chambre apostolique, parait mériter, sur ce point, plus de créance que l'archevêque de Salerne, Romuald, mort en 1181, au dire duquel Guillaume aurait institua Roger son héritier.
3. Si l'on en croit Gautier, archidiacre de l'église de Térouanne, qui dit tenir le fait de la bouche même d'Honorlus, Guillaume aurait, à sa mort, légué ses états à l'Église romaine. Voir Pagii not. 6, apud Baron, anno 1127.
4. Notamment en celles de Boémond II, prince de Tarente et d*Antioche, neveu de Robert Guiscard.
5. Falco Benevent. Chron, anno 1128. Cf. Romuald. Salem. Chron.
Cependant de ce pouvoir grandissant de la papauté étaient nés certains abus, sur lesquels on commençait, de divers côtés à éveiller sa prudence. Fidèles à la pensée de Grégoire VII, les pontifes, au travers de la longue lutte qu'ils avaient soutenue contre l'Empire, n'avaient cessé de revendiquer leur prérogative de juges suprêmes de l'Église. En même temps que les causes évoquées par eux s'étaient multipliées, les appels, qu'ils avaient encouragés, étaient devenus plus fréquents. Mais si le plus souvent, ainsi que l'avait voulu Grégoire, ces appels offraient à l'opprimé un secours contre la violence, ils étaient aussi pour l'oppresseur un moyen de se dérober à de justes châtiments, et l'on se plaignait, dans le haut clergé, qu'en suspendant la sévérité des évêques, ils eussent plus d'une fois pour effet de laisser le mal impuni. L'un des plus pieux prélats de ce temps, Hildebert, archevêque de Tours, adressait à Honorius une lettre dans laquelle il disait : « Je vous prie de ne pas prendre en mauvaise part ce que je vous écris par pure nécessité et dans l'intérêt de la justice. Nous n'avons pas appris en deçà des Alpes et nous ne trouvons pas dans les canons que l'Église romaine doive recevoir indistinctement toute sorte d'appels. Que si on laisse cette nouveauté s'établir, l'autorité des évêques périra et la discipline de l'Église perdra toute vigueur. Quel sera le ravisseur qui, étant frappé d'anathème, n'appellera pas aussitôt au saint-siège? Quel sera le prêtre, coupable de fornication, qui ne persistera pas dans sa vie scandaleuse à l'abri d'un appel frustratoire? Et n'cst-il pas à craindre qu'en arrêtant l'action des évêques, ces trop faciles recours à votre jugement n'aient d'autre résultat que d'encourager ou de perpétuer les crimes *. »
On commençait aussi à se plaindre des légats et, en particulier, des légats à latere, qui, protégés plus spécialement par le saint-siège, s'acquittaient de leur mandat sans respecter toujours le droit des évêques, ni se conformer, comme
1. Hildebert. Ep. 82, apud Max. biblioth. pair. t. XXI. Cf. une lettre analogue d'Yves de Chartres à Pascal, ep. 219, Migne, t. 162.
ils lo devaient, aux règles canoniques. Yves de Chartres avait même osé écrire à Pascal que Tenvoi de ces légats à latere était plus nuisible qu'utile aux intérêts de TÉglise; que ces légats, ne faisant en quelque sorte que traverser les provinces, ne connaissaient qu'imparfaitement les besoins du clergé, et que le saint-siège, dans le choix qu'il faisait d'eux, s'attirait le reproche de considérer moins le bien de la religion que ses propres convenances ^ D'après un usage établi par Grégoire Vil, les dépenses faites par les délégués apostoliques pendant la durée de leur mandat étaient à la charge des églises qu'ils avaient mission de visiter ^. Cet usage n'était pas sans entraîner plus d'un inconvénient, et, sur la fin du pontificat de Pascal, un de ces légats ^, venu en Angleterre, avait montré de telles exigences, que Raoul, archevêque de Cantorbéry, au nom de tous les prélats du royaume, était allé en Italie porter plainte contre lui et demander que, conformément aux traditions, on laissât à l'église do Cantorbéry la légation d'Angleterre *. Le cardinal Jean de Crème, que, peu après son avènement, Honorius avait envoyé présider un synode à Londres, donna sans doute lieu par sa conduite à de semblables réclamations ^; car l'archevêque de Cantorbéry, qui était alors Guillaume de Corbeil, s'étant rendu à Rome comme son prédécesseur, le pontife, par des lettres du mois de janvier 1127, le chargea do représenter le siège apostolique en ce royaume ®.
Il était encore une autre sorte d'abus dont s'alarmaient les âmes pieuses. A mesure que le clergé s'était montré plus soumis à la papauté, celle-ci avait semblé vouloir lui rendre en distinctions honorifiques et en privilèges ce qu'elle lui ôtait d'indépendance. A l'abbé de Cluny Urbain avait accordé