‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 139 sur 357 · Ep. 57, Migne, t · texte numérisé non relu

Ep. 57, Migne, t

le droit do porter les ornements épiscopaux, tels que les gants, les sandales et la mitre *; à un autre il avait concédé Tusage de la mitre et de l'anneau *. Pascal et, après lui, Calixte avaient, à l'exemple d'Urbain, gratiflé des mêmes distinctions un certain nombre d'abbés '. A ces faveurs ou d'autres analogues s'étaient ajoutées les exemptions, qui, au détriment de la juridiction des évèques, plaçaient les monastères sous l'autorité directe du saint-siège, exemptions dont les papes s'étaient d'abord montrés d'autant plus prodigues qu'ils avaient trouvé dans le clergé régulier un concours plus zélé pour l'accomplissement de leurs réformes *. Au concile de Latran qu'avait présidé Calixte, les évèques avaient dit des moines : « Pour exercer tous nos droits, il ne leur faut plus que nous ôter l'anneau et la crosse et nous soumettre à leur ordination *. » Le clergé séculier n'était pas, il est vrai, sans avoir sa part dans ces libéralités. Pendant que tel évêque recevait le pallium destiné seulement aux archevêques, que tel autre était exempté de la juridiction du métropolitain, certains prélats obtenaient, avec le privilège de faire porter la croix devant eux dans toute l'étendue de leurs diocèses, la faveur plus rare do paraître, à l'exemple du chef do l'Église, montés sur un cheval blanc orné d'une housse de même couleur^. De simples chanoines même étaient autorisés, par un privilège spécial, non seulement à se coiffer de la mitre, mais à décorer cette mitre, en certaines solennités, d'émeraudes et de pierres précieuses'. C'était d'ordinaire à l'occasion de services rendus au saintsiège, ou pour s'assurer des dévouements utiles, que les

i. Urban. II, ep. 9, Migne.

Page 1