Zeller, HisL d'Allemagne, t. IV. p. 5i
2. Innocent les avait excommunias l'un et l'autre à Liège en 1131.
3. « Gonfluentise conventum célébrant ibique Conradum.. prsesente Théodewino... roman» ecclesiœ legato, sumni pontiticis.. assensum promittente,.. regem créant. Qui mox ad palatium Aquis venions, a praedicto cardinale, cooperantibus Coloniensi. Treverensi archiepiscopis cum ceteris opiscopis, in regem ungitur. » Otto Frising. Chron. 1. VII. c. 22. Cf. Annal. Saxo, anno 1138. Ce qui prouve la hâte qu'en cette circonstance avaient mise les partisans de Conrad, c'est que la désignation du roi des Romains devait avoir lieu dans une diète générale convoquée pour la Pentecôte (22 mai) & Mayence par la veuve de Lothaire et Henri de Bavière.
4. «Saxones et duxHeinricus aliique qui electioni non interfuerant, regem non légitime sed per snrrepretionem olectum calumpniabantur. » Otto Frising. loc. cit.
5. « Rege in malitia permanente, abbas Romam revertitur. » Ernaid. c. VII, 46.
Il alla secrètement trouver Bernard, qui, lui ayant persuadé de dépouiller les insignes pontiûcaux, le conduisit humble et repentant aux pieds d'Innocent. C'était le 29 mai 1138 qulnnocent recevait de son dernier et impuissant rival cet acte de soumission. « Dieu a enfin exaucé nos vœux, écrivait Bernard au prieur de Clairvaux ; il a rendu la paix à Rome et Tunité à l'Église *. » Quelques jours après, Bernard quittait Rome pour retourner en France. On le regardait si bien comme le véritable auteur de la paix, qu'à son départ le clergé, la noblesse, le peuple lui firent cortège. Rome tout entière l'accompagna, dit Tun de ses biographes, ne voyant pas sans douleur s'éloigner celui dont elle avait admiré les vertus et éprouvé les bienfaits *.
Ainsi fut terminé, bien moins par les armes de Lothairo que par l'ascendant moral du pieux abbé de Clairvaux, un schisme qui, pendant huit années, avait séparé l'Italie du reste de l'Occident. Mais le plus grand mal du schisme n'était pas dans cette séparation. Occupé du soin de défendre son pouvoir, Innocent avait laissé se continuer les abus dont on se plaignait sous le pontificat d'Honorius. Quelques-uns même s'étaient aggravés durant cet intervalle. Au lieu de restreindre le droit d'appel au saint-siège, ainsi que l'avaient demandé de sages prélats. Innocent avait tout fait pour l'étendre. En vain l'abbé de Clairvaux lui avait écrit qu'il n'y avait qu'une voix dans le haut clergé pour s'élever contre l'effet de ces appels, que l'autorité épiscopale en était amoindrie et la justice entravée dans les diocèses'. Innocent s'était montré d'autant plus attentif au maintien de ses prérogatives, qu'il avait craint, dans les troubles du schisme, de les voir contestées. Dans des lettres que, pendant son séjour à Pise, il avait adressées aux évèques de France et d'Allemagne, il leur avait interdit de s'opposer, pour quelque motif que ce fût, à l'exercice de ce droit, disant qu'il ne s'agissait pas uni-
i. S. Bernard, ep. 317.
î. Ernald.c.VII,47.