‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 160 sur 357 · Otto Frising. loc. cit · texte numérisé non relu

Otto Frising. loc. cit

quos, évoques et autres dignitaires ecclésiastiques, venus des différentes régions de la chrétienté *. En convoquant cette grande assemblée, Innocent avait lainnoncé Tintention d'y prescrire des mesures propres à « améliorer les mœurs des clercs et des laïques. » D'après cela, on le pouvait croire résolu à réprimer quelques-uns des abus qu'à diverses reprises on avait signalés dans TÉglise. Toutefois, avec les prescriptions ordinaires contre la simonie et l'incontinence, il se contenta, en ce qui concernait le clergé, de publier un certain nombre de canons relatifs aux élections épiscopales et au bon ordre des monastères, canons dont la plupart avaient été déjà promulgués dans les conciles do Clermont et de Reims. Il fit moins encore en ce qui regardait les séculiers. Il se borna presque uniquement à confirmer les décrets antérieurs sur la Trêve de Dieu ^ ; mais ces décrets, qui jadis avaient été un bienfait, étaient devenus moins nécessaires depuis que, la féodalité ayant commencé de se régler en même temps que la royauté s'était affermie et prenait peu à peu la conscience do son rôle ^, la société était enfin sortie des désordres de l'anarchie.

"^ En réalité, le principal but que s'était proposé Innocent par la réimion do ce concile, c'était « d'extirper » de l'Église les derniers restes du schisme. A ce sujet, il prononça un discours qui contenait cette étrange déclaration : « Vous savez, dit-il en s'adressant aux évéques assemblés, que Rome est la capitale du monde; que vous tenez vos dignités du pontife romain comme un vassal tient ses fiefs de son suzerain, et que vous no les pouvez conserver sans son assentiment.*» Il fit une déclaration d'une portée plus grave. Parlant

1. L'assemblée s'ouvrit le 4 avril 1139. Pour les actes de cecoDcile, voir Héfélô, Conc. t. VII, p. 233-242.

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