Schmid» ouvr. cité, 1. 1, p
On accueillit, au contraire, avec transport le saint abbé, et, au premier sermon qu'il prononça, Téglise où il se trouvait ne sufBt pas à contenir la foule qui se pressa pour Tentendre. Bernard parcourut le pays, écouté partout avec piété, obtenant partout les promesses d'un retour sincère à Torthodoxie, et montrant par son exemple ce que pouvait l'autorité do la vertu sur des intelligences qu'on croyait égarées ^ Malheureusement son séjour en Languedoc fut de courte durée. Mandé auprès du pape qui se rendait alors en Allemagne, il dut s'éloigner de ces contrées, et l'heureux effet qu'avait produit sa présence ne tarda pas à s'effacer.
On eut peu après une autre preuve de l'esprit de modération qui dirigeait l'Église. Fidèle à sa promesse de veiller aux intérêts des croisés qui combattaient en Terre sainte, Eugène était allé en Allemagne dans le but d'apaiser des troubles qui s*y étaient élevés depuis le départ de Conrad, et dont les suites pouvaient devenir un danger pour ce prince *. De retour en France, le pape, au mois de mars 1148, réunit un grand concile à Reims, auquel assistaient, avec l'abbé de Clairvaux, des évoques de la plupart des États de l'Occident. Dans cette assemblée, où furent confirmés les canons du dernier concile de Latran, on s'occupa, en même temps que de l'hérésie albigeoise, de diverses hérésies particulières. Un évêque de Poitiers, Gilbert de la Porrée, qu'on accusait de professer des doctrines hétérodoxes au sujet de la Trinité, admis à présenter sa défense, sévit condamné par le concile; mais, après l'avoir contraint d'abjurer ses erreurs, on se contenta de lacérer ses écrits ^. Un noble Breton, du nom d'Eon, qui se disait fils de Dieu, comparut aussi devant l'assemblée; on le