‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 180 sur 357 · Schmidt, Hisl, des Albigeois, t. I, p. 24 et suiv · texte numérisé non relu

Schmidt, Hisl, des Albigeois, t. I, p. 24 et suiv

5. Pour la Lombardie, voir Schmidt, ihid. p. 59 et suiv. Comme Schmidt, nous rattachons aux Cathares les hérétiques des bords du Rhin, sur lesquels Ëvervin, prévôt de Steinfelden, écrivit en 1147 à saint Bernard. Jhid. p. 42.

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manichéisme et des idées particulières sur le baptême, sur TEucharistie et le sacrement du mariage, idées encore trop peu précises pour constituer une doctrine, on retrouvait, chez ces hérétiques, ces mêmes protestations contre les richesses et les mœurs profanes du clergé dont s'était émue ritalie à la voix d*Arnauld. Les uns prétendaient que l'Église n'était représentée que par ceux de ses membres qui, fidèles aux prescriptions du Christ, avaient renoncé aux biens de ce monde. D'autres allaient plus loin, et, visant dans leurs attaques le chef de la religion, disaient que le pape, par sa vie séculière, s'était dépouillé lui-même de son autorité spirituelle; qu'il n'était pas dès lors en état de la transmettre aux évoques, et que, les prêtres consacrés par ces évêques n'étant pas conséquemment de véritables prêtres, l'Église manquait de ministres*.

Ces hérésies, qui jusqu'ici n'avaient attiré que faiblement l'attention du saint-siège, et plus dangereuses assurément que celles qu'on avait voulu prévenir par la condamnation d'Abailard, alarmèrent Eugène. Vers l'été de 1147, il envoya dans le Languedoc, à titre de légat, le cardinal Albéric, évêque d'Ostie, pour y arrêter le cours de ces erreurs. Bien que l'on rencontrât déjà dans certaines parties du clergé des dispositions trop visibles à l'intolérance, le système de compression et de violence dont on usa plus tard à l'égard des hérétiques était alors si étranger aux mœurs de TÉglise, que le représentant du saint-siège se servit, pour l'accomplissement de son mandat, du seul moyen de la prédication. Encore fut-ce l'abbé Bernard qui, ayant consenti sur les instances du cardinal à le suivre en Languedoc, se chargea de cette mission. Telles étaient les préventions des habitants de ces provinces contre l'Église de Rome, que le légat, arrivé d'abord seul à Albi,ne put s'en faire écouter, et qu'à peine on compta trente assistants à la messe qu'il célébra dans cette ville ^.

1. Evervini Steinfeldens. prsepositi ep. ad Bernard, apud Mabill. veter. analect, p. 473, 474.

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