‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 193 sur 357 · Voir ce traité dans Pertz, Leg.» II, p · texte numérisé non relu

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4. Eugène était rentré à Rome dès le 9 décembre 1152. On ignore les conditions auxquelles il obtint ce retour. Sigeb. cont. Prœmonstr. se borne à dire, à l'année 1152 : « Eugenius, cum Romanis pace facta* urbem revertitur. > Le chroniqueur anonyme du Mont-Gassin (Murât, rer. ital., t. Y, p. 66) relate le fait dans les mêmes termes. Quant à Romuald de Salerne, il parle du retour d'Eugène à Rome eu 1149 et ne dit rien d'explicite ni aur son nouvel exil en 1150, ni sur sa rentrée à Rome en 1152.

5. L'élection eut lieu entre le 8 et le 12 juillet 1153, date à laquelle Anas* tase fut sacré.

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rapprocher d'Eugène, soit que celte fois ils eussent voulu montrer qu'ils ne combattaient dans le chef de l'Église que le souverain temporel, cette élection s'était accomplie sans troubles. Anastase n'avait que depuis un mois pris possession du saint-siège, lorsqu'avait lieu une perte plus sensible pour l'Église. Le 20 août, expirait à Clairvaux l'abbé Bernard, que, du vivant d'Eugène et déjà même au temps d'Innocent II, on regardait comme le véritable pape *, et qui eût mérité de l'être en effet, si la sagesse, le savoir, l'éloquence et les plus hautes vertus suffisaient pour assigner à un homme la première place parmi ses contemporains. Attentif jusqu'à la fin à l'honneur de l'Église, l'un de ses derniers actes avait été de signaler à Eugène les malversations d'un de ses légats 2. Il laissait du moins, dans son traité De la considération, un enseignement que, dans sa pensée, il ne destinait pas seulement à Eugène, mais à ses successeurs. Il léguait surtout l'exemple d'une vie consacrée tout entière au bien de la religion, et au cours de laquelle il avait montré, par l'ascendant que, simple abbé, il n'avait cessé d'exercer sur la catholicité, que l'Église n'avait besoin, pour régner, d'autre pouvoir que de celui de la vertu.

Parvenu au saint-siège dans un âge avancé, Anastase ne devait occuper qu'environ dix-huit mois la chaire apostolique. Durant ce court pontificat, il s'abstint de rien tenter, au moins ouvertement, contre le régime que s'étaient donné les Romains, et dut sans doute à cette sagesse de pouvoir demeurer à Rome jusqu'à sa mort ^. Ce n'est pas qu'il ne se crût obligé, à l'imitation de ses devanciers de sauvegarder les intérêts temporels du saint-siège. Au mois de février H54, il envoyait en Allemagne un cardinal chargé, selon toute apparence, de rappeler à Frédéric ses récents engagements ^.

i. « Aiiint non vos esse papam, sed me; et undique ad mo confluunt qui habent negotia. » S. Bernard ad Eagen. ep. 239 (anno 1145).

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