Ep. 290 (anno 1152). Cf. Baron, anno 1151, no
3. Gregorovius, 5/07na di Roma, t. IV, p. 599. Cf. Jaffi-Wattenbach, années 1153-1154.
4. Anast. ad Wibald. abbat. ep. 41, Migne, t. 188. D*après la lettre du
Ce prince do son côté, n'avait pas abandonné ses projets. Mais, avant d'entreprendre l'expédition qu'il avait résolue, il avait voulu ne laisser derrière lui aucune difficulté qui pût l'arrêter dans sa marche. Depuis la conclusion du traité de Constance, il avait employé toute son habileté à pacifier l'Allemagne, qu'avaient de nouveau troublée de leurs rivalités le parti des Wiblingen et celui des Welfon *. Se rattachant aux Wiblingon par son père et aux Welfen par sa mère, fille de Henri le Noir, duc de Bavière, il se servit adroitement de cette circonstance pour rapprocher les intérêts rivaux. Quand enfin il eut pris toutes les mesures intérieures que lui conseillait la prudence, rien ne le retenant plus en Allemagne, il rassembla, aux environs d'Augsbourg, une armée dans laquelle on comptait, avec les princes les plus considérables de l'Allemagne, les archevêques de Cologne, de Trêves, les évêques de Bamberg, de Worms, de Liège, de Constance, de Baie, escortés de leurs chevaliers. Suivi do ces forces, il gagna les Alpes, et, au mois d'octobre 1154, débouchait, par la vallée de l'Adige, dans la Haute Italie.
Bien qu'un des motifs apparents de cette expédition fût de replacer les Romains sous l'obéissance du saint-siège, l'objet qu'en réalilé se proposait Frédéric, c'était de relever dans la péninsule l'autorité impériale, déjà compromise à l'époque de Lothaire et presque annulée depuis par la longue absence de Conrad. Il ne voulait pas seulement reprendre aux communes lombardes, devenues de petits États indépendants, les droits do la couronne qu'elles s'étaient attribués. De même que Conrad, il élendait ses vues jusque sur le royaume de
pape, ce cardinal» du nom de G(!>rard, était envoyé « ad partes Teutonici regni pro utilitate EcclesisB. » Il était chargé en outre de remettre l'anneau àTabbé de Corbie« Wtbald. Or cet abbé, avec qui Eugène n'avait cessé d'élre en correspondance dans les dernières aimées de son pontificat et qui avait vivement poussé Conrad à l'expédition d'Italie, exerçait à la cour de Frédéric la môme influence qu'il avait à celle de Conrad, et tout prouve {Monum, CorbeiensiOt lettre d'Eugène à Wibald, n« 409) qu'il prit une part considérable à la conclusion du trailc de Constniico. 1. Zeller, Hist. d'AUemag , t. V, p. 122-12"
Sicile S où Guillaume le Mauvais venait alors de succéder à Roger ^, et qu'il considérait comme une province de ses États italiens usurpée par les Normands ^. Il y a plus ; en dépit de ses engagements, Rome même attirait ses secrètes ambitions. Comme l'abbé de Clairvaux, écrivant un jour à Conrad, il croyait que, pour être le lieu de la résidence du saint-siège, Rome ne laissait pas d'être la capitale de l'Empire ^. Dès son arrivée en Lombardie, il montra de quelle manière il entendait revendiquer ses droits. Les deux plus puissantes communes de cette contrée, Pavie et Milan, qui s'y disputaient la prééminence, se faisaient alors la guerre, et elles avaient entraîné dans leur querelle les autres villes de la Haute Italie. Après avoir tenu une diète dans les plaines de Roncaglia pour y recevoir l'hommage de ses vassaux italiens, il enjoignit à ces deux communes de déposer les armes. Tandis que Pavie, en haine de sa rivale, se ralliait au monarque dont elle espérait l'appui, Milan refusa d'obéir. Sans vouloir encore sévir contre cette cité, il la châtia. dans ses alliés. Il brûla Rosate, ruina Chieri, Asti, détruisit de fond en comble la ville de Tortone dont le siège l'arrêta près de deux mois; après quoi, il alla à
1. Voir une lettre adressée par Frédéric à Tempereur grec Manuel Gomnène à la fia de mars 1153. Monum. Corbeiensia, n« 410.