‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 213 sur 357 · Sire Kaul, Murât, rer. ital. t. VI. p · texte numérisé non relu

Sire Kaul, Murât, rer. ital. t. VI. p

reconnaîtrait qu'un pape qui, non contraire à Thonneur de TEmpiro, so montrerait par cela même désireux de la paix et de l'unité de TÉglise K

Le choix du successeur . d'Adrien se ressentit de ces intrigues. Le 4 septembre Ho9, le sacré collège s'était réuni dans la basilique do Saint-Pierre pour procéder à l'élection. Après de longues délibérations, le cardinal Roland, l'un des deux légats qui avaient jadis porté à Besançon le message impérieux d'Adrien, était élu par la majorité des cardinaux ; neuf, dont sept se détachèrent aussitôt pour se joindre à la majorité, se prononcèrent en faveur du cardinal Octavien 2. Celui-ci, qui depuis longtemps ambitionnait le saint-siège^ et qui, par cette raison, avait été sans doute plus facile à séduire, était gagné à la cause de l'empereur. Comme on commençait à revêtir Roland de la cape rouge, Octavien, irrité de se voir ravir le pontificat, la lui arrache de dessus les épaules pour s'en revêtir lui-même. A ce moment, des bandes armées font irruption dans l'église et proclament Octavien pape. Roland, obligé de

1. Lettre de Frédéric à Ebrard, archevêque de Salzbourg. Watterich, Vitœ rom. pontif. t. II, p. 4o3, 454.

2. D'après les cardinaux d'Alexandre (Vatterich, t. II. p. 465, 494) et Alexandre lui-même (ibid. p. 456), deux cardinaux seulement votèrent pour Octavien. Mais tout prouve que celui-ci eut d'abord un plus grand nombre de voix, sans quoi l'on ne pourrait s'expliquer sa résistance. Le chiffre de neuf voix est donné par les cardinaux de Victor (Watterich, t. II, p. 463) et par la lettre du concile de Pavie (ibid. p. 484). Il se serait même élevé à dix, selon une assertion de l'évêque de Bamberg (ibid. p. 454). Enfin, d'après Géroh de Reichersberg (ibid. p. 505), le nombre des électeurs de Victor aurait d'abord été de sept, puis serait retombé à trois. Quant au nombre des cardinaux présents à la double élection, on ne saurait le préciser. D'après la lettre du concile de Pavie, il aurait été, — non compris les deux papes, — de vingt, et, d'après les électeurs de Victor, de vingt-trois. Si ce dernier chiffre est exact, on pourrait supposer que quelques cardinaux, absents au moment de l'élection, se seraient ensuite ralliés à l'un ou l'autre pape. Ce qui est certain, c'est que d'une part les cardinaux d'Alexandre sont au nombre de vingt- trois dans la lettre qu'ils écrivent à Frédéric (Watterich, t. II, p. 464, 465), et au nombre de vingt-cinq dans celle qu'ils adressent aux fidèles après le concile de Pavie (ibid. p, 493); et que, d'une autre part, les cardinaux de Victor, dans l'encyclique où ils annoncent son élection (ibid. p. 461), et qui est postérieure à sou sacre, sont au nombre de cinq.

3. « Qui ad apostolicam jam diu calhedram aspiraverat. » Boson. Vita Alexand. Watterich, t. II, p. 378.

fuir, se retire dans un édifice fortifié attenant à la basilique, où, durant neuf jours, il demeure prisonnier sous la garde des hommes d'armes du sénat. Emmené ensuite dans une tour du Transtévère, il est enfin délivré par quelques nobles qui avaient entraîné avec eux un certain nombre de citoyens. On le conduit à Nympha, au sud de Rome, où il est sacré sous le nom d'Alexandre III *. De là, se dirigeant vers les frontières du royaume de Sicile, il se rend à Terracine, pendant qu'Octavien, qui avait réussi à se rallier trois autres cardinaux, entre avec le comte palatin dans les États de l'Église pour s*y faire reconnaître, et est sacré à Farfa sous le nom de Victor IV K

L'un et l'autre pape, aussitôt après leur sacre, s'étaient frappés mutuellement d'excommunication^. Quelle allait être l'issue de cette double élection ? Victor n'était pas sans se rendre compte que l'empereur était son principal appui. Craignant qu'en raison de la faible minorité qui l'avait porté au pontificat, Frédéric hésitât à le reconnaître, il écrivit aux grands et aux prélats de la cour impériale et les pressa d'agir en sa faveur sur l'esprit du monarque *. Les cardinaux do son parti s'adressèrent de leur côté à Frédéric, et, lui rappelant qu'il était dans ses attributions de protéger l'Église romaine, lui demandèrent de s'opposer, en soutenant le pape de leur choix, au schisme dont s'annonçaient les périls *. Alexandre, sûr de son droit, se borna à notifier son élection à l'empereur dans une lettre où, faisant allusion aux événements qui

Page 1