ALEXANDRE III
La mort d'Adrien, en appelant un nouveau pape à la tête de rÉglise, suspendit la lutte qui était sur le point d'éclater entre le saint-siège et l'Empire. La plupart des cardinaux étaient résolus, il est vrai, à choisir un pontife qui défendît contre les entreprises de Frédéric Barberousse ce qu'à l'exemple d'Adrien ils considéraient comme les droits du saintsiège. Mais l'empereur n'avait pas seulement pour lui à Rome le sénat et la plus grande partie du peuple. Les ambassadeurs qu'il y avait envoyés quelques mois auparavant, et dont l'un était Otton de Wittelsbach, comte palatin de Bavière, avaient réussi à circonvenir plusieurs membres du sacré collège ^, et, dans ces conditions, Frédéric pouvait s'attendre à la nomination d'un pape qui serait, en une certaine mesure, favorable à ses intérêts. Il ne s'était pas contenté d'agir auprès des Romains et du sacré collège. En apprenant la mort d'Adrien , ii avait adressé aux princes et aux évêques de l'Allemagne une circulaire, où il leur mandait de ne pas adhérer à une élection qu'il n'aurait pas d'abord agréée, déclarant qu'il ne