Ragew. Frising. 1. II, c
5. Ibid. c. 53. Victor, dans sa lettre aux grands de la cour impériale, exprimait la même pensée d'une manière plus expresse en disant de Frédéric « Ecclesiae Dei, cujus advocatus et defensor divinitus est constitutus. »
avaient troublé la lin du pontificat d'Adrien, il l'exhortait à revenir à de meilleurs sentiments envers le siège apostolique *. Dans Tun et l'autre parti, on sentait que, selon la décision de Frédéric, le schisme qui menaçait de diviser l'Église pouvait tout d'un coup prendre fin ou, au contraire, se prolonger et s'étendre.
La validité de l'élection d'Alexandre n'était pas douteuse, et, par sa piété, sa prudence, son savoir, il se recommandait plus que son compétiteur au respect des fidèles. Nommé sous Eugène III chancelier de l'Église romaine, il s'était attiré alors l'estime particulière du saint abbé de Clairvaux ^. Ces considérations furent sans influence sur l'esprit de Frédéric. Outre qu'il avait gardé, depuis la diète de Besançon, un vif ressentiment contre le cardinal Roland, il était décidé à favoriser Octavien dont le zèle était d'avance assuré à l'Empire. Jusqu'où ce zèle devait-il s'étendre? Octavien avait-il promis de faciliter à l'empereur la soumission du sud et du nord de l'Italie en rompant Talliance du saint-siège avec le roi de Sicile et avec les communes lombardes ^ ? Avait-il promis davantage? On ne saurait le dire. Mais, alors qu'Octavien n'eût pris aucun engagement, il suffisait qu'il fût le plus faible pour que Frédéric se proposât de le soutenir, dans la pensée que par cela même il trouverait en lui un auxiliaire de ses desseins ; et, sans se faire scrupule de jeter dans ce différend tout ecclésiastique le poids de sa volonté, d'usurper ainsi sur les libertés de l'Eglise, il entreprit d'imposer Victor à l'Italie et à l'Europe.
Quelle que fût son audace, Frédéric sentait que, dans cette entreprise où il s'engageait, il lui importait de garder d'a-