‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 216 sur 357 · Baron. annollSO, n · texte numérisé non relu

Baron. annollSO, n

3. L'an dos griefs de Frédéric contre Alexandre et les cardinaux qui l'avaient élu était précisément leur fidélité à cette alliance. i< Gonjurationem inter hune (Rolandum) et suos sequaces cardinales cum Mediolanensibus et Siculo nefandi.ssime pcrpetratam... cognovimus. » Epistola concilii Papianensis^ Pertz, Leg. II, 12o-127. Cf. epist. Babenberg. episc, Murât, rer. it. t. VI, p. 851. Voir, ibid. p. 852, Epist, cujusdam religiosi viri ad episc, Salzburg,

262 LIVHE QUATRIÈME

bord les apparences de Timpartialilé. Il se prévalut habilement de son rôle de protecteur particulier du saint-siège, et, disant suivre Texemplc donné autrefois par les Constantin et les Théodose et, en des temps plus rapprochés, par Charlemagno et les empereurs allemands *, il résolut de convoquer un concile devant lequel seraient appelés les deux papes. Il assiégeait alors depuis quatre mois la ville de Crème. Par des lettres datées du lieu où campait son armée, il manda aux prélats des diverses parties de l'Empire de se réunir dans un concile à Pavie, afin de terminer le différend qui affligeait TÉglise *. Il invita également les rois de France et d'Angleterre et les autres souverains de TOccident à y envoyer leurs évoques. Une ambassade fut ensuite adressée à chacun des deux pontifes pour les citer à comparaître. « De la part de Dieu et de l'Église catholique, écrivait-il à Alexandre, nous vous enjoignons de vous présenter à cette assemblée pour y entendre la sentence qui sera prononcée par les évoques, en dehors de toute intervention séculière 3, et vous y conformer. Le ciel est témoin que nous ne sommes dirigé par aucune autre pensée que celle de procurer la paix à Rome, capitale de notre Empire, et de rendre l'imité à l'Église. Dans le cas où vous refuseriez de recevoir la justice de Dieu et de l'Église, Dieu verra et prononcera *. Quant à nous, nous suivrons, comme nous y oblige notre devoir impérial, la voie tracée par la justice du Tout-Puissant *. »

Alexandre se trouvait à Anagni avec tous ses cardinaux, quand les députés de Frédéric lui remirent les lettres, scellées du sceau d'or de l'Empire, qui le mandaient devant le concile. Comprenant le danger où son obéissance eût entraîné le saint-siège, et n'étant pas sans avoir pénétré les desseins de Frédéric, il refusa de comparaître. Avec la fermeté que

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