Septembre
f 270 LIVRE QUATRIÈME
[ de provinces » prétendaient, au mépris des prérogatives
t impériales, intervenir dans la désignation du pontife de
j Rome et s'attribuer ainsi une juridiction sur une ville qui
j leur était étrangère *. Le chancelier de TEmpire, Rainald,
i qui avait souscrit, comme archevêque do Cologne, la sen-
j tence du concile de Pavie^, et qui, do tous les conseillers de
I Frédéric, était celui qui l'avait le plus encouragé au schisme,
I reprit, en les développant, les paroles de son maître. Dans
un long discours, il s'attacha à montrer que le droit revendiqué par les rois d'Angleterre et de France était aussi pou fondé que serait celui do l'empereur, s'il voulait s'ingérer dans la nomination d'un évêque de leurs États ^. Par ces déclarations inconsidérées, Frédéric allait contre son but. En se disant, comme empereur des Romains, plus intéressé que les autres princes à la désignation du pape, en rabaissant ainsi le saintsiège au niveau du premier des évèchés de l'Empire, il no heurtait pas seulement le sentiment de l'Europe; il affaiblissait lui-même l'instrument qu'il voulait faire servir à ses visées ambitieuses.
Cette prétention manifestée par Frédéric d'imposer aux États chrétiens un pape nommé par ses évêques, son dédain imprudent à l'égard de souverains qu'il aurait dû ménager, n'eurent d'autre résultat que d'attacher plus étroitement les rois de France et d'Angleterre à la cause d'Alexandre. Ils donnèrent do ces dispositions une marque éclatante. Ce pontife s'étant avancé peu de temps après jusqu'à Gouci-sur-Loire, les deux rois se portèrent à sa rencontre et, s'accordant pour lui rendre ensemble les mêmes hommages, ils marchèrent à pied à ses côtés, tenant à droite et à gauche les rênes de sa monture *. Assuré de l'appui de ces deux puissants princes, Alexandre convoqua, pour le mois de mai il63, un
1. c Quod (provinciarum reges) in romani imperatoris injuriam pontUicem creare cupiant, aliense civitatis jus suis suffragiis administrare conantes. Saxo grammat. HUt, Danica, 1. 14.