Robert, de Mont. (Pcrtz, ss. VI
grand concile à Tours, où, àTimitation de ce qu'avait fait Innocent II au concile de Reims lors du schisme d'Anaclet, il voulait consacrer son autorité par la présence des prélats réunis de la catholicité. Cent vingt-quatre évêques, quatre cent quatorze abbés, avec un nombre considérable de clercs et de séculiers, venus de Franco, d'Angleterre, d'Irlande, d'Ecosse, d'Espagne, de Sardaigne, de Sicile et des États chrétiens d'Orient, assistèrent à cette assemblée. On y excommunia solennellement Victor et ses adhérents. Arnulf, évêque do Lisieux, chargé par le pontife d'ouvrir le concile par un discours, parla des coupables entreprises de Frédéric. « C'est vainement, dit-il, que TÉglise est menacée dans son unité par les schismatiques et dans sa liberté par les tyrans. Unie au Christ, elle triomphera de ses ennemis. Le monarque qui, seul entre tous les princes chrétiens, se montre rebelle à la volonté de Dieu, sera un jour amené par lui à reconnaître que le pouvoir de l'Église est au-dessus du sien, et il s'humiliera en particulier devant l'Église romaine à la munificence de laquelle lui et ses prédécesseurs sont redevables de l'Empire *. »
Après la clôture du concile, Alexandre, invité par les rois de France et d'Angleterre à choisir une ville de leurs États pour y Bxer sa résidence, résolut de se transporter à Sens, qui devint pour un temps la capitale de la catholicité, comme ^ Pise l'avait été à l'époque d'Innocent II ^. Il y séjournait depuis ^ environ six mois, quand il apprit tout ensemble la mort de Victor et Téloction d'un nouvel antipape. Victor avait expiré à Lucques le 20 avril I16i, et, deux jours après, l'un des cardinaux schismatiques, Gui de Crème, avait été élu, puis sacré dans cette môme ville sous le nom de Pascal III '. C'était à l'instigation du chancelier Rainald * qu'avait eu lieu cette
1. Voir ce discours dans Baroa. anno 1163, n« 2 et st. — Mansi, Ctmc, t. XXI, p. 1167 et ss.