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2. Le fait d'une élection directe par les Ilomains est hors de doute. Quant au rôle que nous donnons ici à Hildebrand, il ressort moins des textes euxmêmes que de leur interprétation. Il est vrai qu*Hildebrand se trouvait à Arezzo» retenu au lit de mort du pape, quand eut lieu Télection. Mais, d'une part, on peut dire qu'il exerçait déjà trop dinflTTence, pour qu'il fi\t resté étranger à cette élection. D'un autre côté, pendant le très court pontificat d'Etienne IX, on constate entre ce pape et Hildebrand un accord (voy. dans Jaffé-Wattenbach, lettre à l'archev. de Reims, sept.-oct. 1057 et le synode
do Cluiiy, Etienne IX, aussitôt intronisé, appela dans ses conseils des hommes dévoués, comme lui, aux idées de réforme, et multiplia les conciles à Rome contre le mariage des prêtres et l'achat des fonctions ecclésiastiques *. Il ne se proposait pas seulement de réformer l'Eglise. Il méditait pour Rome et d'Italie de nouvelles destinées. Reprenant les vues de Léon IX, il espérait, avec le secours de son frère, le marquis Gottfried, chasser les Normands de la péninsule, peut-être même rétablir dans son intégrité la puissance temporelle du saint-siège -, lorsqu'à Florence, où il s'était rendu pour préparer l'exécution de ces entreprises, il fut enlevé par une mort trop prompte après huit mois de pontificat ^.
Cette mort portait un coup sensible aux projets d'Hildebrand. Dans le moment où expirait Etienne IX, il se trouvait en Allemagne auprès de l'impératrice Agnès, dont il était allé sans doute demander l'adhésion à une élection qui offensait les prétentions impériales. Le pontife avait senti le danger de cette absence et, en s'éloignant de Rome, il avait fait jurer au clergé et au peuple que, s'il venait à mourir, ils attendraient
romain de mars 1058) qui se comprendrait difficilement, si Etienne avait été éla sans sa participation. Enfin la conduite que, dans cette circonstance, tinrent les Romains était si nouvelle et, à quelques éçrards, si hardie, que l'idée de procéder à l'élection sans consulter l'Allemagne n'a pu venir que du groupe réformateur à la tète duquel s'était placé Hildobrand. Ce qui est certain, c'est que, dix jours avant l'élection, Frédéric et Hildebrand se trouvaient ensemble en Toscane auprès de Victor II (Jaffé-WatteDbach, no 4370}, et que Frédéric, étant alors retourné à Rome, y apprit la mort du pape par un prélat qui arrivait en hÀte (« festinus », Léo Ost. 1. II. c. 94) do la Toscane pour l'annoncer aux Romains (c Urbi »), et qui, selon toute apparence, était porteur des instructions d'Hildebrand. C'est en se fondant sans doute sur ces considérations que Mignet, Journal des Savants, loc, cit., n'a pas hésité à regarder Hildebrand comme le promoteur de l'élection d'Etienne IX. Gregorovius, t. IV, p. 117, croit môme que cette élection était décidée dans l'esprit d'Hildebrand dés la mort de Henri III. '
1. c Crebris synodis clerum Urbis populumque convoniens, maximéque conjugiis clericorum et sacerdotum insistens. » Léo Ost. 1. II. c. 9S.
2. Léo. Ost. 1. II, c. 98, va jusqu'à attribuer à Etienne le projet d'enlever à l'Allemagne son autorité en Italie en plaçant sur la tête de Gottfried la couronne impériale. Mais il n'est guère à supposer que le pape eût conçu un dessein aussi hardi dans le moment même où Hildebrand était allé en Allemagne demander à Timpcratrice Agnès de reconnaître Etienne IX.