‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 22 sur 357 · Zeller, HisL d^AUem, t. III, p. 186 et · texte numérisé non relu

Zeller, HisL d^AUem, t. III, p. 186 et

éliro deux ans auparavant pour son futur successeur et qui fut depuis Henri IV. Appelé auprès du monarque expirant, le pontife ne retournait à Rome Tannée suivante que pour aller, quelques mois après, mourir à Arezzo*. Ce fut alors qu'entra en scène l'homme énergique et convaincu dont l'influence, enfermée d'abord dans TÉglise romaine, s'était récemment fait sentir en France et jusqu'à la cour d'Allemagne. Sans qu'on puisse affirmer qu'Hildebrand avait déjà arrêté dans son esprit les vastes desseins qu'il exécuta plus tard, il comprit que, pour délivrer l'Église de la domination des princes, il lui fallait commencer par affranchir la papauté, et tel fut l'objet que, tout on poursuivant la réforme des mœurs ecclésiastiques, il résolut d'atteindre.

Profitant d'une minorité qui affaiblissait l'Empire et sans chercher d'abord à se concerter avec la cour d'Allemagne, llildebrand désigna au choix direct et immédiat des Romains non plus un Allemand, mais un Lorrain, attaché de longue date à l'Église romaine, Frédéric, abbé du Mont Cassin. Elu le 2 août 1057, cinq jours après la mort de Victor II, par le clergé et le peuple, Frédéric fut sacré le lendemain sous le nom d'Etienne IX. Le nouveau pape était frère de Gottfried, ancien duc de Lorraine, que Henri III avait jadis dépossédé do son duché comme vassal rebelle, et qui depuis, en épousant Béatrice, marquise de Toscane et comtesse de Canossa, était devenu l'un des princes les plus puissants de l'Italie. Par cet acte, aussi habile que hardi, Hildebrand obtenait un double résultat.. Il rétablissait de fait la liberté des élections pontificales et donnait au saint-siège par la Toscane un appui considérable en deçà des Alpes ^. Partisan zélé des doctrines

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